Quel… quel texte !

 

Songeons-y deux secondes, il faut un drôle de cran pour monter sur une scène. Le plus minable zintermittent vous le confirmera, s’exposer tout nu au jugement de vos semblables comporte quelques risques si la confiance et/ou le talent vous manquent.
C’est pourquoi on éprouve une peine sincère pour les ceusses qui écrivent comme un pied – le bon gros 47 bien velu – et qui, rencontrant malgré tout le succès (qui comme on sait ne veut pas dire « charrette »), estiment que leur jus de chaussette tient la route, quand ce n’est pas la dragée haute, à Totor, Zola et consorts (qui ça ?).

Pas question d’entonner l’air du « c’était mieux avant », on pourrait vous trouver des proses du temps jadis et même de naguère à pisser de honte. En voici une, vite fait :

Je te mangerais tout cru si tu n’me reviens paaas.

Sans le moindre indice, c’est, vous l’aurez capté, du côté de la chanson en général, française en particulier, qu’il faut tendre l’oreille. Et pour peu que vous daigniez jeter ladite à n’importe quelle radio généraliste, vous reconnaîtrez fissa les spécimens ci-dessous, qui n’ont de toute façon pas besoin de cette publicité (ni de contre-publicité d’ailleurs).

Deux exemples, très courts (mais très navrants) où la témérité de la « plume » le dispute à l’inconscience. Z’êtes prêts ? ‘tention ? On ne change pas une virgule :

Approche
Il y a cette question qui ne me lâche pas :
Où vont les canards quand il fait trop froid ?

Hein ! Voilà qui recule les limites de l’impossible. Précisons que l’aplomb de l’« auteur » se double ici d’un air pénétré qui tient du miracle. Essayez devant une glace, vous m’en direz des nouvelles.

 

Autre cas gratiné, cette ritournelle particulièrement crampon d’un fameux couple à lunettes noires et boubous (qui, c’est heureux, a fini par lasser). On y apprend tout heureux que « le dimanche à Bamako, c’est le jou’ de mariage » et que, coup de bol :

le marié et la mariée sont aussi au rendez-vous.

Vous êtes consterné(e) ? vous êtes la consternation faite homme (femme) ? Dans mes bras. (Et passons sur le hiatus, à ce stade on n’est pas bégueule).

Faites gaffe mes petits pères, à trop se laisser happer machinalement par la musique, on en vient à baisser la garde et à passer au travers ! Si vous aussi êtes victimes de tels viols à l’intelligence, n’hésitez pas, votre témoignage sera précieux.

 

Allez, pas d’inquiétude, m’en vais vous la sauver votre journée. Histoire de remonter au pinacle, deux petits vers qui valent leur pesant de briques roses :

La danse est une cage
Où l’on apprend l’oiseau

De nouveau d’équerre ? Là ! Faut pas être spécialement épris de transcendance pour apprécier le dénivelé, si ? Respect éternel, Clôde.

Merci de votre attention.

 

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2 réflexions sur “Quel… quel texte !

  1. Un petit coucou Tom.
    En parcourant ton blog, et tes billets forts délectables, je tombe sur celui-ci et notamment la phrase « Où vont les canards quand il fait trop froid ? »

    Je ne sais pas quel chanteur-à-texte français l’utilise et encore moins de quelle manière il le fait..

    Mais je suis certaine de reconnaître-là une des phrase-clé du roman de J. D. Salinger, L’attrape-cœur. Le jeune Caulfield se pose cette question à propos des canards de Central Park plusieurs fois dans le récit.

    J’avoue qu’au beau milieu d’une chanson ça doit faire bizarre mais dans le livre c’est plutôt drôle qu’il se concentre sur une question si étrange pendant ses 3 jours d’errance à New-York.

    Sur ce, je ne peux que te conseiller le livre (pas épais en plus !) (je l’ai lu il y a vraiment pas longtemps et je me disais dans un coin de mon cerveau que j’en ferai bien un petit article si j’arrivais à rédiger un avis constructif..) et te souhaiter bonne nuit !

  2. Coucou Chloé !

    Encore un grand classique que j’avions point lu, je fais acte de contrition, merci du conseil…
    Toujours est-il qu’au beau milieu d’un texte d’amûr couiné par l’autre, ça tient de l’Attrape-Nigaud pur et simple. Il serait pas un peu beubeu, le personnage du livre ?
    Le dieu du bon goût préserve tes petites noreilles en attendant.
    Bises

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