Ben ? Bah ?

 

On vous entend peu vitupérer contre la confusion écrite, voire orale, entre « bah » et « ben ». Sans doute trempiez-vous dans cette infamie vous-même. Heureusement, il n’est jamais trop tard pour ben faire.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Digne d’une république bananière, le taux de ceusses qui commettent la bourde défie le bon sens. Si vous doutiez du fait que bon nombre de billes ne bitent rien à ce qui leur tombe du Bic, en voici une preuve. Car à chaque bah que vous bavez, votre caboche vous dicte en réalité le sens de ben. C’est là que le bât blesse.

Révisons le ba-be-bi-bo-bu : l’interjection bah ne traduit que le haussement d’épaules, l’indifférence en trois lettres. On ne relativise pas mieux qu’avec bah :

Bah, on en a vu d’autres.

Ben s’en distingue sur tous les plans. En tant que diminutif populaire de bien, le p’tiot est vite devenu une marque de ponctuation parlée, une prise d’élan pour gagner du temps au même titre que répéter la question ou que l’intempestif « en fait ». Le plus ébaubi « eh bé », né par plaisir de l’assonance, n’est qu’une autre déformation de bien.

 

Eh les mecs ! La seule présence de eh suffirait à dissuader la plupart des tenants de bah.

On peut remplacer

Eh ben

par

Eh bien,

sûrement pas par

Eh bah

ou alors y’a plus de débat.

 

Partisanes du moindre effort, nos bouches par trop bées ont trouvé le moyen d’altérer le [ɛ̃] de ben en [a]. Prononçant bas et pas bain, nous l’avons écrit bah. Pas bien !

Le premier qui ose soutenir le contraire aura la bastonnade. Eh ben il l’aura pas volée.

Merci de votre attention.

 

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4 réflexions sur “Ben ? Bah ?

  1. Ah enfin ! J’en ai ras la frange de ces « bah » ridicules qui fleurissent sur les blogs mis pour le, sans doute trop populeux « ben ». Devraient plutôt utiliser « bêh » comme les moutons qu’ils sont.
    Et pendant qu’on y est, les mêmes t’écrivent « et bien » au lieu de « eh bien ».
    Je m’énerve.

    • Dans mes bras ! Il apparaît même en toutes lettres dans le sketch « La physique quantique » d’Alexandre Astier, rââh…
      Bah, ce n’est pas bien grave. Il en faut plus pour gâcher le talent.

  2. Les interjections sont d’une grande richesse, sauf quand on les mélange. La distinction ben/bah devrait être enseignée à l’école ! Ainsi que l’argot, supplanté par une désolante novlangue transatlantique et sans morphologie.

  3. Bah, mais que faire contre l’envahissement du « Ben »? Eh ben pas grand chose ma foi, à part vitupérer contre les utilisations péremptoires et insouciantes de votre progéniture de 18 ans, qui vous répond : « Maman, ça change rien pour toi, et moi je préfère bah donc laisse moi dire bah… »Ben pour moi ça change tout car ça me gratte le cerveau mais en vain. Bah faut rester philosophe, on n’a jamais pu empêcher les évolutions langagières venant d’un raz de marée populaire!

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