Ongle

 

Au même titre que la vaisselle, la Noël ou toute autre peine incompressible, se couper les ongles est un rite rebutant et chronophage sans lequel il n’est pourtant pas de vie sociale possible. D’ailleurs la faune sauvage ne se coupe jamais les griffes. Pas plus qu’elle ne se fait de cadeaux. Quant au concept d’évier, il lui est quasiment étranger. De quoi être sérieusement tenté par la réincarnation, sauf à finir en renne – mammifère tout ce qu’il y a de plus ongulé du reste.

Mais revenons à nos mammifères tout ce qu’il y a de plus ongulé, mammifères tout ce qu’il y a de plus ongulé.

Ongle désigne la partie cornée des doigts et des orteils dès 1130 :

al ungle del petit dei.

(‘T-y pas charmant ?)

On se ronge les ungles depuis au moins 1370. A défaut, c’est vrai, de pouvoir ronger autre chose (son frein, éventuellement ; un minimum de deux roues est alors exigé).

Et pas la peine de vous moquer des Zanglais avec leur nail tout pas beau : c’est le même mot que notre ongle.
Just watch.
En ancien angliche, ongle est incarné par negel, nægl. Idem en proto-teuton (naglaz), en vieux frison (neil), en vieux nordique (nagl), en vieux saxon et en hollandais (nagel), ainsi qu’en jeune allemand (Nagel). Le sort s’acharne.
Oublions surtout pas le grec onyx (d’où le nom de la blanche pierre précieuse). Ni le latin populaire ungula (« serre, griffe, sabot, ongle »), dérivé du plus classique unguis.
Ni, une fois de plus, la corne d’abondance indo-européenne à laquelle il faut puiser : on jurerait (o)nogh tout droit sorti de la bouche d’un gonze préhistorique se contemplant le bout de la phalange.
A ne pas confondre avec (zog)zogh : le bout de la quéquette.

 

Et pas la peine de vous moquer des pauvres bougres avec leur panaris tout pas beau : c’est le même mot que notre ongle.
‘Agadez.
A la vue de leur propre panus (« tumeur »), les Latins un chouïa dyslexiques ont déformé l’hellénisant paronychium (littéralement « à côté de l’onyx »).
(’T-y pas charmant ?)

Ajoutons que sans ongles, pas moyen de se gratter correctement, ni d’enlever cette khônnasse d’étiquette.

 

Les filles du sexe féminin, ne gâchez point vos économies au bar à ongles du coin, voire au nail-bar à ongles (pour les cas les plus desperate). C’est pas vos ongles que vos khôngénères regardent.

Merci de votre attention.

 

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