Subjugué

 

Pattes sciées, souffle coupé, bave aux lèvres, on est tôt ou tard subjugué devant cet être inconnu que l’on reconnaît paradoxalement, rapport aux films que nous nous faisons nuitamment et autres inévitables trucs de midinettes cheminements fantasmatiques.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Aussitôt que la sensation nous saisit, inutile de dire qu’on n’en mène pas large. Le choc est tel qu’on n’est plus soi-même, comme aliéné. Normal : être subjugué, c’est moins tomber sous le charme que « sous le joug », mes zoulous. Littéralement.

Ainsi, aussi poilant que ça puisse paraître, le subjuguer du XVe siècle revient à « soumettre par les armes ». Intégralement pompé sur subjugare, « mettre sous le joug », cet attelage symbolique sous lequel défilaient les vaincus des Romains.

 

Et si ceux-ci attelaient leurs bourrins sous un jugum, ne serait-ce pas un peu la faute de l’indo-européen commun yeug-, « joindre » ?
Meuh si, tout s’enchaîne.

Admirez plutôt la descendance :
La veine jugulaire fait, excusez du peu, le lien entre la tête et tout le reste ;
jouxter se dit (pas assez à notre goût car quel verbe rapicolant !) de choses attenantes ;
conjuguer unit un verbe à sa personne ;
sans parler, jointure ultime, de la vie conjugale au cas où le coup de foudre de tout à l’heure se concrétise sous les lancers de basmati.

Allez de joug en joug si ça vous chante mais laissez-vous subjuguer, y’a qu’ça d’vrai.

Merci de votre attention.

 

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