Absurde

 

Puisque ces mystères nous dépassent, feignons d’en être les organisateurs.

Quiconque pratique l’absurde à plus ou moins haute dose pourra faire sienne cette devise du poète.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Admettez qu’en gros, le sens d’absurde est « qui n’a pas de sens » – ce qui donne d’emblée la dimension du personnage. Celui-ci entre en scène dès le XIVe siècle, encore grimé en absorbe, absorde ou absourde. De quoi rester quelque peu abasourdi.
D’autant que les Français d’alors n’avaient pas franchement besoin de chercher midi deux heures plus tard : les Latins employaient déjà absurdus au sens de « discordant ».

En bons étymologues du dimanche, vous vous dites : ab- privatif, surdus vaguement lié à l’idée de « sens ». Z’oubliez à qui vous avez affaire. Joignez pas l’aveuglement à la surdité s’il-vous-plaît.
En réalité, le préfixe est là pour renforcer surdus (« sourd »), exprimant l’incongruité à son paroxysme (ou à son point d’ab-outissement, c’est kif-kif).

Et figurez-vous que surdus, qu’on croyait connaître sur le bout des doigts, n’est autre que le participe passé trafiqué de notre susurrer ! Qui lui-même est un doublement du vieux radical indo-européen swer-, salement imitatif (chuchotez deux secondes, d’où que vous soyez, c’est « swer-swer » qui vous viendra, c’est comme ça). Rien à voir avec les siamois swer- au passage allons allons, soyons sérieux.

 

Autrement dit, absurde est un gros murmure.
Comme son nom l’indique.

Merci de votre attention.

 

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