Comment faire comprendre aux khôns de derrière que vous n’avez pas fini de poser vos articles sur le tapis ?

 

Pardon pour ce titre dont la véhémence le dispute à la longueur. D’autant qu’un problème si élaboré n’est déjà plus à la portée de ceux qui vous collent à la caisse. Reformulons donc en pesant chaque terme de l’énoncé.

Au terme d’un rodéo plus ou moins épique, vous vous êtes glissé dans une file dont la vitesse de croisière vous laisse pour une fois entrevoir une sortie proche. Votre prédécesseur vous a même gratifié d’un sourire en délimitant ses achats par une frontière en plastique à l’effigie du magasin ou d’une quelconque saloperie en promo. Un merci plus tard, une connivence s’installerait presque. Et dire qu’à votre tour, dans un instant, vous deviendrez cet affable passeur.
Sollicitude mère d’illusion.

Les ploucs dans votre dos vous ramènent au réel en un bip de code-barres. Qu’il faille attendre que vous ayez fini de poser vos articles avant de commencer à poser les leurs leur passe loin au-dessus.

Pourtant, vu l’amoncellement à venir, à moins de procéder par couches superposées, tout le tapis vous sera nécessaire : n’importe qui peut le constater. Sauf vos suivants, qui empiètent sur vos emplettes en niant votre existence.
(Au passage, leurs goûts de chiotte vous font prendre la mesure du monde qui, lui, vous sépare).

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en acheteur civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Déchargez tranquillou puis, tel un rouleau compresseur, poussez tout par terre en arrivant à hauteur de la ligne de front des khouillons. Sifflotez pour vous donner du courage.

 

♦  Technique imparable : disposez vos premiers articles non pas juste après la réglette en plastique mais directement en bout de tapis. Vous pourrez alors combler à loisir la place restante sans avoir à subir les assauts de l’arrière, d’où l’on assistera à cet habile stratagème avec l’impuissance des vaincus.

 

♦  Profitez de ce que la séparation est floue – et pour cause – entre ce qui est à vous et ce qui ne l’est plus pour tout mettre sur la note des envahisseurs (technique dite « du traité de Versailles »).

code-barres

♦  Dès les premières salves ennemies, cherchez cet autre fameux pannonceau : « Dernier client avant fermeture, merci de vous diriger vers une autre caisse » et glissez-le en bonne place, soi-disant à la demande de la caissière. L’exode de pure convenance ainsi créé provoquera un début d’érection ou d’humectage suivant les gonades.

 

♦  Plantez-vous en bordure de caisse, faites rempart de votre corps et manipulez vos affaires à distance à l’aide d’un bras télescopique. Au terme de l’opération, levez l’obstruction, repliez votre arme et rengainez-la soigneusement, non sans avoir soufflé dessus et conclu d’un marmoréen :

It’s the law of the West.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

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2 réflexions sur “Comment faire comprendre aux khôns de derrière que vous n’avez pas fini de poser vos articles sur le tapis ?

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