Humble

 

Au cas où vous auriez un doute sur la qualité d’une personne humble (car pour une qualité, c’en est une), cherchez pas du côté d’humbleté ni d’humblerie : il s’agit d’humilité. Soit dit sans vouloir vous humilier devant témoins.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

« Humeles » (au sens d’humblement) pointe son nez vers 1100. Dans les mêmes eaux, on relève « humle », prononcé pas du tout comme « Hummel » (Johann Nepomuk, compositeur élève de Mozart né à Presbourg le 14 novembre 1778, mort à Weimar le 17 octobre 1837, ce qui nous vaudrait un bel anachronisme du reste) mais comme notre humble actuel.

On ne se lasse pas d’admirer, dans ces formes primitives, la descendance en droite ligne de l’adjectif humilis (d’où humilité, exactly). Le b s’étant posé plus tard pour des raisons de mise en bouche que tout le monde pigera en ayant essayé d’articuler « humle ».

Et où les Latins ont-ils été pêcher humilis ?
Mais dans l’humus, bien sûr.

Pas étonnant qu’au sol, on garde à la fois les pieds sur terre et une certaine conscience de sa condition de mortel, ce qui dissuade généralement de la ramener trop.

 

Cette étymo prend un tour méchamment philosophique, grommelez-vous ? Figurez-vous qu’avant d’être recouverte d’humus, la racine indo-européenne dégōm (« terre ») avait poussé en dǵmmō (« [chose / fils] de la terre ») pour finir homo (« être humain », « terrien »), anciennement hemo avant de virer sa cuti et de bourgeonner également en nemo (« personne »).
Tenez-vous-le pour dit.

Merci de votre attention.

 

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