Comment éviter d’emboutir un papy ?

 

Troisième âge, ne vous formalisez pas : papy est un terme générique. Pas question d’ostraciser mamie, elle aussi infoutue de rouler à 90 comme les panneaux sur le bas-côté le lui vocifèrent pourtant.

Car le code de la route stipule bien que celui qui vous précède doit rouler au maximum de la vitesse autorisée. Du moins lorsqu’il n’y a aucune raison de faire chier son monde lambiner (intempéries, circulation dense, troupeau de bêtes…).
Inconscients de leur allure et des bouchons qu’ils engendrent, les papys souillent donc les départementales au même titre que les chauffards du dimanche.

90

Bloqué derrière, vous blêmissez à vue d’œil ; la blancheur de la ligne n’a qu’à bien se tenir. Bientôt, l’habitacle retentit de noms d’oiseaux inédits dans toute l’histoire du permis de conduire. Ecume, carotide en feu : l’Impuissance dans toute sa splendeur.

Vous reviennent alors en mémoire ces publicités où le dernier modèle d’une berline aux vitres teintées roule avec une suavité semblant faire tourner les roues dans l’autre sens sur une route vierge de tout automobiliste. Vous en profitez au passage pour maudire les charlatans à l’origine de ces spots.

Cependant, vous n’êtes pas plus avancé – littéralement.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en otage civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Puisque le klaxon, c’est pour les khôns et qu’en sus le sourdingue de devant y restera insensible, servez-vous de grenouilles dressées pour bondir subrepticement sur son capot. L’autre croira à une chute de pierres et détalera sans demander son reste.

 

♦  Mettez les warnings, prenez un air affolé et faites comprendre à l’inamovible que vos freins ne répondent plus en criant « Place ! Place ! ».
Attention, ruse crédible en descente uniquement.

 

♦  Empruntez aux Ponts et chaussées un de leurs appareils à redessiner le bitume. Vous pourrez ainsi franchir la ligne blanche goudronnée de frais et doubler le tacot dans un « Haaaaaahhhhhhh » de satisfaction.

 

♦  Si vous êtes une nana du sexe féminin, jouez la femme enceinte. Foin de gesticulations invisibles dans le rétroviseur, entraînez-vous plutôt à conduire debout, tête par le toit ouvrant, bedon postiche en évidence. La fibre grand-p(m)aternelle fera le reste et le gastéropode se rangera prudemment (car il est prudent).

 

♦  Plus contraignant si vous êtes un mâle : repeignez votre véhicule en blanc, équipez-le d’un gyrophare et gardez toujours une blouse blanche à côté du gilet fluo obligatoire. Au premier pare-chocs de papy, actionnez le pin-pon et foncez où le devoir vous appelle.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

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