Le clapotis de la Mersey

 

Sommés de s’expliquer en leur temps sur le « Mersey sound » dont on les tenait pour dépositaires, les Beatles rigolèrent bien fort comme à l’accoutumée :

We don’t think there is such a thing as the Mersey sound. That’s just something journalists cooked up, a name. It just so happened we came from Liverpool and they looked for the nearest river and named it. The only thing is that we write our own songs.

Et hop, dans le vent aussi, les journaleux.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

C’est vrai ça, aligner les mots

festival du film italien

est une commodité de langage. Mais quoi ?

Festival des films italiens

sonnerait quand même plus juste, no ? On y zieute bien des œuvres de cinéastes qui se trouvent être italiens mais qui ne se sont jamais dit : « Tiens, je vais faire du cinéma italien ». Même pas en italien.

De même, causer du « cinéma français » en tant qu’industrie, passe encore. Mais précédé, les soirs de remises des prix, de

la grande famille,

c’est à inonder sa lingerie intime. En fait de « famille », voilà un milieu où, concurrence oblige, la taille des egos incite davantage à dire pis que pendre du voisin qu’aux câlins institutionnels.

pathé

L’estampille du pays ? Le comme-une-otarie-sme ultime. Evidemment, on peut en retrouver la langue, le décor et, incidemment, les « valeurs » à l’écran. Mais s’amuser à dénicher la belgitude dans Tintin, très peu pour nous lecteurs. Laissons ça aux zexégètes et aux détaillophiles – qui eux-mêmes admettront perdre leur temps (parce qu’ils le veulent bien) à des carabistouilles.

Comprenons-nous bien : on peut toujours dégager des courants ou des constantes mais après coup. « La peinture canadienne ». Mettez-vous dans les pompes de l’aquarelliste d’Ottawa et définissez vos croûtes en cinq lignes.

 

Non seulement c’est donner une importance démesurée au lieu d’origine en tant qu’il façonne une vision du monde, mais c’est passer à côté de ladite vision, propre à chaque artiste. Les vrais hein, les moins enclins à se voir rangés dans des boîtes justement. Ceux qui, sans se laisser perturber par l’agitation du monde, rendent un hommage plus ou moins indirect à leur propre existence.

No one I think is in my tree.

Merci de votre attention.

 

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