Comment dire son fait à un khôn sans aucun danger ?

 

Les manières d’untel vous insupportent au plus haut point. Pour des raisons trop longues à énumérer, celui-ci fera partie du paysage pour un bon bout de temps hélas. Vous avez bien envisagé de le couler vivant dans le béton ou de lui faire découvrir le Grand Canyon mais la scientifique finirait par flairer votre piste.

Car il est difficile de vous en cacher : plus qu’un autre, ce khehehônnard majuscule mérite d’entendre ses quatre vérités.

Vous craignez cependant – et qui vous en blâmerait ? – que la crevaison de l’abcès ne dégénère en pugilat. Et préféreriez, tant qu’à faire, cracher votre pilule sur de belles personnes de votre connaissance, celles qui ont le chic pour vous réconcilier avec le genre humain.

 

Oui mais voilà : on ne dit son fait qu’à un khôn, par définition. Partant, il est fort probable que ça vous retombe dessus.

Parce qu’on ne se méfie jamais assez du khôn, mes moutons. Neuf fois sur dix, sa mauvaise foi lui permettra de retourner la situation à son avantage. Tout ce que vous y aurez gagné, ce seront d’autres ennemis, tout aussi khôns que le premier. Voire davantage puisque en matière de khônnerie, on atteint rarement le sommet.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en fielleux civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Exposez vos sentiments au khôn de manière anonyme façon corbeau. Le plaisir sera certes gâché par le fait de ne pas assumer mais vous pouvez compter sur sa khônnerie légendaire pour ne pas faire le rapprochement avec vous.

 

♦  Récitez-lui votre laïus à l’envers (en ayant pris soin de tout apprendre phonétiquement sens l’autre dans).

salon_agriculture

♦  Si le khôn est président de la République, il est tout à fait possible que vous l’interpelliez sans vous faire mettre sur écoute interpeller à votre tour. Le chef des armées vous enjoindra dans sa barbe à passer votre chemin. Mais pas de triomphalisme : sa répartie ne respectera pas plus les canons du français que la vôtre (« touche-moi pas » ? allons bon).

 

♦  Le principal risque après tout serait d’avoir la mort du khôn sur la conscience, si toutefois (on peut rêver) celui-ci mettait fin à ses jours suite au déclic provoqué par votre intervention. Heureusement, dans sa logique de khôn, il ne comprendra à aucun moment ce qu’on lui reproche. Dans ces conditions, autant tout lui déballer à la gueule.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

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