L’embouteillage est-il incréé ?

 

Embouteillage. L’image du goulot ne suffisait pas, il a fallu qu’on y ajoute le bouchon, c’est dire.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Théorème : dès qu’une file de bagnoles commence à grossir en un point de la planète, le ralentissement se mue tôt ou tard en surplace.

Pourquoi l’embouteillage est-il le plus important vecteur de frustration connu ici-bas ? Parce que le trajet est foutu ? Nooon, z’aviez pris la précaution de démarrer deux heures plus tôt car Bison Futé avait vu rouge pour ne pas dire noir.
A cause du retard qui s’accumule, impossible à évaluer ? La belle affaire, z’êtes en vacances hein. La montagne ne va pas s’envoler, non plus que la plage.

Non, si nous tous, juillettistes, aoûtiens, têtes de veaux, trépignons moteur coupé, c’est qu’on ne sait pas ce qui bouche.

 

Si celui de devant n’avance pas, on ne peut pas lui en vouloir : celui qui le précède en est exactement au même point, mort en l’occurrence (voilà pourquoi vous exciter sur le klaxon terminera d’user les nerfs de tout le monde au passage).
Mais, et c’est là où le mystère de l’embouteillage reste entier, il en faut bien un tout devant. Qu’est-ce qui l’empêche de rouler, celui-là ? Toute la route lui est offerte, par définition. Il faudrait déjà que le conducteur de tête soit à l’arrêt complet sans raison (au risque absurde d’un lynchage des suivants) pour interrompre un trafic jusque-là fluide.
Si, en temps normal, le premier automobiliste se voit contraint de s’arrêter au stop, au feu rouge ou au passage à niveau, celui de l’embouteillage a le pouvoir de créer une queue leu leu ex nihilo.

 

Plan de coupe du phénomène

embouteillage2

« C’est devant que ça roule pas » vaut jusqu’au véhicule n°2.
Le n°1 ne peut invoquer cet argument que si le bouchon fait le tour du globe,
ce que la répartition terre/mer exclut formellement.

 

De même que l’on bute indéfiniment sur ce qui a précédé le Big Bang, on ne peut, à moins d’un obstacle encore impensé, expliquer le lambinage du premier véhicule – pas plus que le redémarrage du troupeau. Un vertige métaphysique.

 

Quittons l’infiniment grand et observons maintenant la fourmilière la plus proche. Une myriade d’individus se ruant dans la même direction. Et toute la colonie circule comme un seul homme !
Conclusion : nous sommes plus khôns que les fourmis.

Merci de votre attention.

 

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