Grandiloquent

 

Ceux qui voient en pompeux un équivalent de grandiloquent sont en dessous de la vérité. Pompeux n’a rien de pompeux alors que grandiloquent est lui-même grandiloquent. Si ce préambule vous pompe, il n’en demeure pas moins éloquent.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Avouons-le, une fois parlé de -loquent, loquace, locuteur, ventriloque, soliloque et monologue son homologue, l’étude de grandiloquent est surtout prétexte à approcher ce grand ténébreux.

Peine perdue : à part son ascendance latine grandis (« grand, fort, abondant »), on ne sait pas grand-chose de lui. Si ce n’est qu’il remplace magnus pour s’implanter comme un grand dans les langues romanes. En ancien français, on l’écrit grant. En français actuel, on le prononce toujours comme ça devant une voyelle ou un h muet.

 

Faute de mieux, mouillons-nous (non mais dites donc) : à tous les coups, grand/grandis est une bouture de grow, qui a poussé en anglais sur l’indo-européen ghre-, « croître, devenir green » comme de l’herbe.

 

Grandiloquent n’avait plus qu’à prendre le relais du latin grandiloquus et du délicieux grandiloque, ce « discours emphatique » encore en vigueur au XIXe siècle.

 

L’opéra, Edwy Plenel et la panthéonisation de Jean Moulin par André Malraux sont des exemples de grandiloquence. Si vous en avez d’autres, loquez-en ici.

Merci de votre attention.

 

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