Envoyer

 

Aux ceusses qui auraient du mal à cerner envoyer, petit indice pour vous mettre sur la voie : isolez le radical. Vous constaterez qu’envoyer, c’est « mettre sur la voie ».

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Sur le même principe, on a formé convoyer (« accompagner sur la voie », ce qui n’a rien d’exceptionnel en soi) et dévoyer (« détourner de la voie »). Si ce dernier a pour frère jumeau dévier et pour cousin fourvoyer, faudra pas jouer les étonnés.

 

Voie naît veie au XIIe siècle. On la zieutait avec envie depuis les voies romaines, en latin via, « chemin, route, trajet », au figuré, « moyen, méthode ». Conservé figé en adverbe :

via les Alpes.

De même, le viaduc de Millau n’est pas là uniquement pour faire joli.

Et si vous faites bon voyage, y’a pas de mystère, c’est que la voie était libre. Et que la voiture n’a pas eu de pépin.

Quant à viande et viager, ils ont préféré suivre un autre chemin, c’est la vie.

 

Envoyer descend donc du latin inviare, « parcourir ». D’ailleurs, les zanciens français disaient envier. Prototype qu’on a fini par envoyer paître, moins par souci du contresens que par attirance pour voir, comme en témoigne sa conjugaison au futur. Quoique, rappellent les spécialistes,

enverrai(s) ne l’a emporté sur enveierai(s), envoyerai(s), envoirai(s) qu’au XVIIIe siècle.

 

Réhabilitons pour finir l’expression

ça envoie du bois,

qu’on a quasiment envoyée ad patres bien qu’elle envoyait du bois.

Merci de votre attention.

 

Publicités

Vous diriez même plus :

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

w

Connexion à %s