Comment avouer l’inexistence du père Noël sans passer pour un traître ?

On se demande bien pourquoi il faut en passer par le père Noël pour égayer la distribution des cadeaux. A fortiori pour que le mythe s’écroule au bout de quelques hivers.

En tant que parent, n’auriez-vous pas meilleur compte à dire d’emblée à ces petits khôns que c’est vous qui vous chargez de tout ? Non seulement vous en tireriez toute la gloire mais ils sauraient s’en souvenir en temps utile.

Au lieu de ça, afin que votre progéniture ne se doute de rien, il vous faut jouer la comédie et veiller à ce que nul n’évente la supercherie, laquelle vous révèlerez vous-même en tâchant d’être aussi convaincant qu’au premier Noël.

 

Vous ajouterez donc la désillusion au mensonge. Au risque de baisser dans l’estime du mouflet. Et de le faire baisser dans la sienne, au moment où il se demandera comment il a pu gober cette histoire de gros monsieur avec ses rennes volants.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en parent civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Pour ne pas vous dédire totalement, coupez la poire en deux. Laissez entendre au mioche que vu le boulot, le père Noël est obligé de vous déléguer les présents du foyer.

 

♦  Dans le cas où le gniard apprend par un tiers que tout ça c’est du flan, feignez de le découvrir en même temps que lui et criez au complot.

♦  Une autre solution est de ne jamais rien avouer jusqu’à votre mort. Revers de la médaille : votre descendance comptera naïvement sur papa Noël lorsqu’elle sera en âge de vous offrir des cadeaux. Avantage : vous vous les offrirez vous-même, évitant ainsi de devoir apprécier les mauvaises surprises.

 

♦  Si l’usine à chouiner vous reproche de l’avoir abreuvée de bobards, rappelez-lui que contrairement à monsieur le curé, monsieur le rabbin, monsieur l’imam et madame Irma, vous les lui signalez comme tels.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

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Comment jouer Mistral Gagnant à la flûte de Pan ?

 

Y’a pas à dire, votre groupe folklorique égaye le quartier. Il y a Gégé à la vente de disques, Mumu aux broderies traditionnelles, Riton à la flûte de Pan, Gwenaël à la flûte de Pan, le Ben à la flûte de Pan et vous-même à la flûte de Pan basse.

 

Mais les temps sont durs et le public de plus en plus exigeant. L’exotisme de pacotille ne lui suffit plus, il veut du local. Du qui tienne au ventre, par-dessus le marché.

Aussi avez-vous choisi pour charmer l’autochtone d’interpréter Mistral Gagnant, ce classique parmi les classiques.
Avec celle-là au moins, le passant en aura pour son argent. Et vous en verrez enfin la couleur.

 

Encore faudrait-il qu’il la reconnaisse. Car moins que le talent, c’est surtout le piano qui vous fait défaut.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en expat’ du quartier civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Aucune réduction pour flûte de Pan connue ? Proposez la vôtre, ce ne sera jamais pire que le tissu d’à-peu-près de la partition pour piano, que vous jetterez au feu en invoquant les mânes du Machu Picchu.

 

♦  Reliez à chaque tuyau un système de marteaux et de cordes habilement dissimulé sous un grand couvercle à pédales. C’est bien le diable si en soufflant tous ensemble, il n’en sort pas une mélodie ressemblant à s’y méprendre à l’original.

 

♦  Exécutez la danse du Séchan. En si mineur, il y a une petite chance que l’Esprit vienne vous visiter par inadvertance.

 

♦  Demandez à Mumu de tendre une toile en alpaga véritable, derrière laquelle Gégé passera en douce la version de Renaud.

♦  S’il s’avère que vous avez encore mouillé votre poncho pour des caramboles, asseyez-vous sur un banc cinq minutes et repensez-y à tête reposée.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

A qui se fier pour la traduction ?

 

Vous connaissez le théorème de Werber :

Entre ce que je pense, ce que je veux dire, ce que je crois dire, ce que je dis, ce que vous voulez entendre, ce que vous entendez, ce que vous croyez en comprendre, ce que vous voulez comprendre et ce que vous comprenez, il y a au moins neuf possibilités de ne pas se comprendre.

Que voulait-il dire au juste ?

Que c’est une chance que le nombre de morts par malentendu soit si faible.

 

D’aucuns s’infligent une difficulté supplémentaire en traduisant des propos tenus dans une autre langue que la vôtre. Juste pour que vous puissiez piger/croyiez piger, etc. La grandeur d’âme le dispute parfois au masochisme.

Car, ne serait-ce que pour les raisons évoquées plus haut, l’interprète porte bien son nom. Et pour mémoire, voici la gymnastique à laquelle il se soumet :

1ère phrase en VO – réflexion en vue de la meilleure traduction possible – restitution en VF pendant la 2ème phrase en VO dont il ne faut pas perdre une miette.

Le tout en simultané et sans filet. Conclusion : l’interprète a trois cerveaux minimum. Un qui écoute, un qui recrache, un qui enregistre la suite.
Sans parler du travail préparatoire dans le cas d’un acteur à la filmographie abondante, dont le moindre titre doit être su par cœur dans les deux langues.

 

Pire : en fonction de l’humeur, du repas de midi ou d’un mot entendu la veille, la traduction variera d’une fois sur l’autre.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en enfumé civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Puisqu’on ne peut faire confiance qu’à soi-même, devenez polyglotte. Vous vous ferez des tas d’amis, et plus si affinités.

 

♦  Engagez trois professionnels et laissez-les trouver un compromis. C’est un peu plus long et un peu plus cher mais au moins, vous réduirez les sautes de concentration et le risque d’une mauvaise traduction, toujours embêtante au moment de se mettre d’accord sur la capitulation de l’Allemagne.

♦  La fonction du traducteur l’oblige à parler en même temps (et plus fort) que celui qui parle. C’est extrêmement malpoli. Faites-le traduire en langue des signes et qu’il aille au coin (inférieur droit si possible).

 

♦  Vous êtes déjà aux fraises lorsqu’il s’agit de répéter textuellement au voisin ce qu’on vous dicte au téléphone. Et vous vous en remettriez aveuglément à un charlatan ? Traduisez-le en justice, qu’on en finisse.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Comment clamser moins cher ?

 

L’homme est un omnivore. Qui ingurgite par conséquent tout ce qui passe. Quand ce n’est pas par l’œsophage, les voies respiratoires prennent le relais. Vous-même à vos heures perdues sniffiez naguère votre pot de colle quand vous ne goûtiez pas en secret les gaz d’un autobus plus très frais.

 

Actuellement, il semble que la cigarette virtuelle fasse un tabac. Pourvu que le cancer, lui, ne le soit pas.

C’est vrai, quel intérêt de cloper sans danger ? L’extinction des puits de pétrole compromet déjà la possibilité de vous tuer en toute tranquillité pendant que le cours du baril s’envole. Autant vous tourner vers d’autres fumées, moins coûteuses à défaut d’être moins nocives.

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en suicidaire civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Faites la paix avec vos voisins en fumant le calumet lui-même.

 

♦  Fumez du pissenlit. Par la racine, ce qui vous préparera le terrain.

 

♦  Ne sombrez pas dans l’illégalité prévisible et les paradis justement nommés artificiels. Rien ne vous interdit de fumer les vapeurs du barbecue, qui aiguiseront tous vos sens et vous crameront les bronches aussi sûrement qu’une cartouche de goldos.

 

♦  Après la Noël, recyclez intelligemment les épines de votre sapin ainsi que le sable qui le maintenait en en bourrant votre narguilé tout neuf. Décès garanti dans l’année (finissante).

 

♦  Inhalez vos propres pets, via un tuyau directement relié au séant. Non seulement vous les supportez très bien mais c’est entièrement gratuit, 100% naturel et les parfums sont variables à l’infini.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Où chatouiller un non-chatouilleux ?

 

La réponse de prime abord est n’importe où, puisque le non-chatouilleux n’est pas chatouilleux. Mais, une fois que vous vous serez démené(e) dans tous les sens, contreforts et orifices possibles, l’entreprise vous apparaîtra dans toute sa vanité. Pas chatouilleux, pas chatouilleux, on vous l’avait dit, pourtant.

De guerre lasse, vous diriez plutôt nulle part. Ce qui vous prive ipso facto du plaisir d’apposer vos guilis dans des endroits que la morale ne réprouve même pas puisque votre sujet d’étude ne sent rien, à l’en croire.

 

C’est alors que le doute surgit. Il doit y avoir une faille. 100% non chatouilleux, ce n’est pas humain. Chez le rhinocéros, peut-être. Mais vous n’avez ni le loisir ni les khoûilles l’envie d’aller tâter de sa carapace.

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en chatouilleur civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Votre soi-disant non-chatouilleux n’aura rencontré que des chatouilleurs sans conviction. Il en aura tiré un peu hâtivement la conclusion qui l’arrange (car l’aura du non-chatouilleux en société est incontestable). En vérité, il en nourrit un fort sentiment de frustration. Pour l’en délivrer, il suffit de trouver son point C.

 

♦  S’il ne réagit pas côté anatomie, le non-chatouilleux a d’autres points sensibles : chignole, portefeuille… Faites le test en commençant par ses enjoliveurs ou son becquet arrière, pour voir.

 

♦  Puisque manifestement c’est au niveau du cerveau que se situe le blocage, chatouillez-lui directement les centres nerveux à vif.

 

♦  Les soirs où, pris de boisson, votre cobaye se trouvera en perdition, chatouillez-lui la luette, il vous le rendra bien.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Comment convertir un raciste ?

 

Avec ses petits bras musclés, l’intelligence paraît bien démunie face à un mur de khônnerie.

Par exemple, vous ne pourrez pas dire qu’

un raciste, c’est quelqu’un qui se trompe de colère

au premier concerné. Car, un chinetoque étant un chinetoque, rien ne peut remettre en cause les schémas mentaux du raciste.

 

D’ailleurs, généralise-t-il vraiment plus que vous, qui nourrissez des préjugés contre le restant de l’humanité depuis le biberon ?
Deux expériences malheureuses avec des filles du sexe féminin ? « Toutes des p… sauf maman ».
Trois khoûillons d’affilée dès potron-minet ? « Mais qu’est-ce qu’ils ont tous aujourd’hui ? »
Un panel de gugusses interrogés selon leur âge, leurs revenus et leur appareil génital ? On décrète que la catégorie au grand complet répondra pareil.

Et nous faisons semblant d’y croire. C’est dire si nous sommes khôns.

 

Quant au raciste, il n’est guère aidé. Bien souvent, ceux à qui il voue sa haine ne font que pouic pour se faire aimer de lui, voire se complaisent dans le fait qu’on les stigmatise. C’est dire s’ils sont khôns, eux aussi.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en non-raciste civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Le raciste a réponse à tout. Les contre-exemples que vous lui dégoterez seront pour lui autant d’exceptions qui confirment la règle. A vous de lui démontrer qu’il n’y a pas de règle.

 

♦  Rappelez-lui nos ancêtres communs. S’il maintient préférer sa famille à ses amis, ses amis à ses voisins, etc., arrêtez-le au mot « famille » : nécessairement, nous faisons partie de la même. Du haut de leur arbre généalogique, le premier homme et la première fille du sexe féminin se doutaient-ils qu’ils allaient mettre bas une flèche telle que vous et un khônnard comme lui ?

♦  Grattez un peu : sous ses airs supérieurs, le raciste souffre en réalité de complexes d’infériorité mal enfouis. Les Noirs courent plus vite que les Blancs ? Expliquez que pour un voleur, c’est plus pratique et que la nature ne fait jamais rien au hasard.

 

♦  Donnant-donnant : s’il consent à faire taire ses pulsions xénophobes, mettez au placard votre propre misanthropie. Ne serait-ce que pour ne pas lui coller votre poing dans la tronche.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Que faire quand un pigeon vous prend pour cible ?

 

Depuis que la fenêtre est fenêtre, Columba palumbus y roucoule tout son soûl. Et l’espèce n’a pas l’air de vouloir s’éteindre. Pire, elle a de moins en moins froid aux yeux.

De fait, le pigeon des villes est si accoutumé à votre présence que ses pattes marchent dans les vôtres. Le volatile ne daigne même plus s’envoler lorsqu’un gamin mal élevé (c’est-à-dire pas élevé du tout) fait mine de lui sauter dessus.

Nourri au grain par le troisième âge et par notre propre gaspillage quotidien, le ramier ne s’est jamais aussi bien porté. C’est bien simple, il ne se sent plus pisser. Ou dans son cas, déféquer.

 

Ne jouez donc pas les étonnés si une merde s’abat sur vous au prochain carrefour. Qu’il ait lieu dans une ruelle sombre ou au milieu de la foule, l’outrage exige réparation.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en risée civilisée.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Prenez l’habitude de marcher le nez en l’air. Vous détecterez tout mouvement suspect, et accessoirement, tout poteau qui se dresserait devant vous. Reste l’écueil des merdes de chien, qu’une canne d’aveugle déjouera sans difficulté. Si on vous pose des questions, répétez que no comprendo.

♦  Un chapeau à larges bords vous protègera de n’importe quel sniper et fera même un excellent récupérateur de fiente.

 

♦  Vivez à plus haute altitude que le pigeon. A chaque fois que vous vous soulagerez, ce sera à lui de vous éviter.

 

♦  Puisqu’ils sont quasiment domestiqués, apprenez aux spécimens du quartier à ne pas chier sur les gens. Ou à cibler uniquement les emmerdeurs.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.