Comment réussir un gâteau parfait sans œufs, sans gluten, sans beurre, sans lait, sans sucre, sans eau et sans électricité ?

 

Bien sûr que c’est possible ! A condition d’avoir un moule et un minimum de volonté.
Poilus dans les tranchées, Amundsen sur la banquise, Bombard au milieu de l’océan… Imaginez-vous tous ces grands garçons résignés à l’heure du dessert ? Contre vents et marées qu’ils se le faisaient, leur rata, convaincus que la vie aurait toujours raison de l’adversité.

Certes, en milieu tempéré par temps de paix, nous nous faisons quelquefois chier l’ennui gagne. D’où l’utilité de se recréer des contraintes. Si possible en mettant tout sur le dos de votre foi, histoire de vous rendre intéressant. Porc prohibé 7 jours sur 7 ici, là poisson mais uniquement le vendredi… C’est rigolo comme tout !

Mais la foi finit elle aussi par lasser. Heureusement, il vous reste l’excuse du foie.
Pour vos gâteaux, choisissez donc des ingrédients de substitution qui aient assez le vent en poupe pour ne pas vous causer d’allergies, ni d’aigreurs, ni de petits boutons. A vos tabliers ! (D’ailleurs le tablier ne s’avérera pas moins superflu, vu le peu d’ingrédients mobilisés).

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en pâtissier civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Un gâteau goûtu ? Vous n’en êtes plus là. D’ailleurs qui a dit qu’il devait être comestible ? Faites donc d’une pierre deux coups et assemblez comme une pièce montée l’innommable bordel qui encombre votre débarras. Du mastic pour lier le tout, vos convives n’y verront que du feu de chalumeau.

 

♦  A pied, à vélo, à dada, en voiture (non électrique), ralliez la capitale au Finistère. Votre Paris-Brest ne pourra souffrir aucune contestation.

paris-brest

♦  De même, profitez de votre prochain passage au bloc opératoire pour enfiler un calot trop petit. Vous obtiendrez une superbe charlotte aux fraises.

 

♦  Mollo tout de même au moment de fourrer vos religieuses.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

L’un pour l’autre

 

En tête-à-tête avec un proche, celui-ci vous appelle par votre prénom (du fait qu’il vous reconnaît). Il suffit qu’un deuxième proche approche pour que le premier proche, qui vous reconnaît toujours (étant donné que vous n’avez pas tellement changé entretemps), vous appelle par le prénom de l’autre.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

La plupart du temps, la méprise se dissipe dès la deuxième syllabe. Certains pourtant sont capables de passer intégralement la famille en revue avant votre blase, chahuté tel une bille à la roulette : fratrie, cousins, brus, sans distinction de gonades. Il n’est pas jusqu’au cocker spaniel qui ne trouve le moyen de s’intercaler.

Rhââ, hein ? Y compris pour le locuteur, qui perd le fil au fur qu’il se reprend.

 

Analysons. On ne mise pas sur le mauvais cheval parce qu’on pense à lui, ni pour agacer le bon. Il ne semble pas non plus que le redouté Alois se tapisse derrière tout ça.

Pourquoi dans ce cas de tels fourvoiements patronymiques ?

Pour ne pas faire de jaloux, tiens.

A donne du C à B afin que C ne se sente pas lésé. Ce faisant, A montre à C qu’il ne l’oublie pas, inconsciemment.
C’est de l’inconscience. Car tandis qu’A et C se font des ronds de jambe, B n’a plus qu’à ruminer une vengeance à la hauteur de l’offense :

Non ! Moi, c’est B

vu que non mais oh, être pris pour C, faut quand même pas exagérer.

 

Ou alors, de même qu’un acteur continue de jouer entre ses propres répliques, le fait de nommer en douce tous les membres de l’entourage permet de vérifier leur attention lorsque la conversation roule sans eux.

 

A moins à moins que nous nous moquions en réalité des cockers spaniels qui, eux, ne peuvent s’interpeller par leur prénom à tour de rôle. D’ailleurs mettez trois spécimens ensemble, vous constaterez qu’ils aboient tous concomitamment.
Khôns comme des cockers.

Merci de votre attention.