Tu mourras moins bête

 

Certains amuse-bouche parviennent à détrôner le plat. Arte l’a bien compris, en donnant pour mission aux faiseurs de pastilles d’émoustiller le citoyen en trois minutes juste avant les programmes du soir.

Le genre est inégal. Tout est vrai… ou presque avait mis la barre très haut. Citoyen, réjouis-toi, Tu mourras moins bête. C’est ce qu’assure frontalement cette mini-série inspirée du blog éponyme, déjà exfolié en plusieurs bédés zinénarrables. Décors à l’aquarelle, trait naïf à la Larcenet, propos tendre et trash pour coller au monde vu par les enfants et au surréalisme cru avec lequel ils considèrent ce qui les dépasse.

Pour exposer des sujets aussi rigoureusement scientifiques que le boson de Higgs, la greffe de tête sur un corps ou la carence en vitamine D des méchants au cinéma (v. ci-dessous), François Morel prête sa voix au professeur Moustache.
On nous dit à l’instant que celui qui parle est vraiment le professeur Moustache. Au temps pour nous, on se disait aussi.

Derrière tout ça, faites-leur confiance, une décurie de ficeleurs et d’animateurs bien décidés à ne jamais grandir sauf si c’est pour faire rire les petits. Et leurs aînés, à demi-mot.

 

Voilà pour l’état-major mais s’il n’y a qu’une chose à retenir, c’est plutôt votre vessie, tellement secouée qu’elle pourrait bien éclater en plein salon. Ce qui, à défaut de mourir, fournirait la matière d’un prochain épisode.

 

Tu mourras moins bête sur Arte à 20h50 en semaine

Tout est vrai (ou presque)

 

Qu’on ne vous voie plus errer d’une chaîne à l’autre entre la fin du JT et la première partie de soirée dans un rototo de fromage. Ta-ta-ta. Personne ne vous a condamnés aux émissions bouche-trou allant de la météo à l’état du trafic en passant par le tirage du loto qu’est jamais pour votre pomme. Ni à vous enfourner (pire encore) un quelconque tunnel de pub. ARRÊTEZ ÇA, POUR L’AMOUR DE QUI VOUS VOULEZ.

Et accourez plutôt sur Arte tous les jours à 20h50 (week-end compris) zieuter Tout est vrai (ou presque). Une pastille pas consensuelle mais qui devrait faire consensus, mes moutons, car tout ce qui est fin + drôle + inventif + unique en son genre ne saurait indéfiniment vous échapper. Ce serait gâcher.

 

En trois minutes chrono, la vie et l’œuvre des grands de ce monde passe donc au tamis d’une joyeuse bande de fous furieux. Rigoureusement authentique (Tout est vrai…), chaque anecdote est prétexte à illustrer ce que raconte la voix off, sur le registre du pied de la lettre et de l’association d’idées. Au vu de la frugalité des moyens du bord (figurines, décors naïfs, accessoires de farces et attrapes manipulés sur fond blanc), c’est un pur délice. Montage et rythme à l’avenant, on ne vous la fait pas, ça tomberait à plat rapidos sans ça.

Inutile de dire qu’on apprend beaucoup et qu’on retient tout, étant donné qu’on se bidonne. Vraiment, hein ! Un rire aux éclats minimum garanti même dans les mauvais jours.

 

Des enfantillages au rendu irréprochable, Panique au village nous avait déjà fait le coup. Evidemment, comme pour les aventures de Cheval, Coboy et Indien, il a fallu bien des talents au diapason pour accoucher d’un truc pareil. Le protocole exigerait de se prosterner devant toute l’équipe en leur baisant les pieds. Plus simple : se reporter au générique de fin de n’importe quel épisode. Ben tiens, au hasard, celui consacré à Catherine Deneuve :

Tant qu’à faire, profitez-en pour passer les 28 minutes qui précèdent en compagnie d’Elisabeth Quin et de ses hôtes pour un regard pertinent et malicieux sur l’actualité. Ce qui fait que tac, (presque) plus besoin de zapper.