C’est pas Dieu possible

 

Le pégu incrédule aime à s’exclamer « c’est pas Dieu possible ». Meuh c’euh pas possible d’entendre ça, renchéririons-nous. Ne serait-ce que d’un point de vue grammatical. Nature et fonction de Dieu ? Vous avez l’éternité.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Dieu est partout. Il peut bien faire office de ponctuation. Les « racines judéo-chrétiennes », tenez, on n’a que ça à la bouche. Littéralement : on ne dit pas adieu comme ça aux survivances langagières.

Mais, sauf Son respect, que fout-Il encore là ?

A supposer que la phrase soit Dieu possible, son contraire l’est aussi :

c’est Dieu possible.

Hérésie, non ?

 

Soyons chics et laïques, laissons leur chance aux petits copains :

c’est pas Zeus possible ;
c’est pas Allah possible ;
c’est pas Bruce Willis possible.

Pas possible, vous voyez bien. Non seulement personne n’arrive à la cheville du Big Boss mais parmi ces exemples, certains sont passibles de fatwa, qu’à Dieu ne plaise.

Soyons athées et futés, la phrase signifie peu ou prou :

c’est pas techniquement possible.

Remplaçons Dieu par techniquement. « Pour l’amour de techniquement », « chaque jour que techniquement fait », « ni techniquement ni maître » et techniquement sait combien d’autres encore.

 

A moins de considérer le syntagme « Dieu possible » comme un couple indissociable. On en retrouve quelque chose dans les mots à la mode formés d’un nom propre et d’un adjectif (macroncompatible).

Mais alors, qu’est-ce qui a rendu Dieu Dieu possible ?

 

C’est Dieu qui n’est pas possible

et le problème est réglé.

Merci de votre attention.

 

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Au nom du père

 

Soyons visionnaires. On s’étrangle de moins en moins du fait que Mme Machin, lorsqu’elle épouse Tartempion, ait le choix entre garder son nom de jeune fille ou perdre son identité devenir Mme Tartempion. Dans combien de milliards d’années le fruit de leur union cessera-t-il de s’appeler automatiquement Tartempion ?

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Article 43 de la loi n° 85-1372 du 23 décembre 1985 :

Toute personne majeure peut ajouter à son nom, à titre d’usage, le nom de celui de ses parents qui ne lui a pas transmis le sien.

A la naissance jusqu’à la majorité, avantage au père donc. Avant tout pour des raisons pratiques : madame étant en couche, c’est monsieur qui file le reconnaître.
Or contrairement à une idée reçue,

aucune disposition légale ne règle la transmission du nom patronymique à l’enfant légitime.

Mais depuis 2005 (une vibrisse de protozoaire à l’échelle de l’humanité),

un enfant dont la filiation est établie à l’égard de chacun des parents, peut porter :
soit le nom du père,
soit le nom de la mère,
soit les 2 noms accolés dans un ordre choisi par eux et dans la limite [du ridicule].

Une « déclaration conjointe de choix de nom » et emballé, c’est pesé. A défaut, le nom du père s’applique, si le couple s’est dit oui devant témoins. S’ils l’ont fait aux chandelles, et uniquement en cas de reconnaissance tardive du papa, c’est le blase maternel qui échoit à Junior. Qui le savait ?

Comme si une gamète mâle valait plus qu’une gamète femelle ! Dame Nature se bidonnerait dans les grandes largeurs.

 

Loin de toute revanchardise féministe, pouvoir choisir le nom du gniard relève de la logique pure.
Et républicaine de surcroît : liberté, égalité, fraternité. Les filles naissent libres et égales en droit à leur blaireau jules. Devraient-elles pas décider avec lui de leur lignée ?

 

Oui mais Dieu n’est-il pas le père de tous les hommes ? Nom de Dieu ! Voilà pourquoi les nanas du sexe féminin n’ont pas voix au chapitre !
Virons athées une fois pour toutes, et profitons-en pour changer de vocabulaire. Parce que prononcer a-thée (« sans dieu »), c’est encore raisonner en fonction d’une norme (« dieu ») qui manifestement n’existe pas hein.
Dans les grandes largeurs, vous dis-je.

Merci de votre attention.