Comment sauter à travers un cerceau en feu quand on est une enclume ?

 

Quand bien même vous seriez du sous-genre des enclumes apprivoisées, il est peu probable que vous lisiez ces lignes (l’apprivoisement a ses limites). Vous ne viendrez pas chouiner lorsqu’on vous enjoindra de sauter dans le cerceau. Monde cruel du spectacle, celui-ci aura toutes les chances d’être enflammé.

 

Un coup à y laisser votre peau ? Allons bon, ce ne sont pas trois flammèches, le tracsir ou la menace du fouet qui feraient reculer une grande fille comme vous, génétiquement programmée pour qu’un forgeron vous martèle du métal en fusion sur le râble du matin au soir !
Au hop ! du dresseur, sachez vous en souvenir.

 

D’ailleurs jusqu’à maintenant, vous vous contentiez d’être là où on vous posait, à bout de bras pour vous éviter tout effort ; bref, vous vous empâtiez.

Un bon geste. En l’honneur de vos aïeules.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en enclume civilisée.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Le plus dur n’est pas tant de sauter que de prendre de l’élan. Accélérez progressivement votre course en roulant-boulant sur vos pointes. Pour le reste, il suffit de retomber avec grâce.

enclume

♦  Si Dame Nature vous a dotés d’une paire de pointes justement, ce n’est pas pour la déco. Faites flap-flap de toutes vos forces puis attaquez le trou en piqué.

 

♦  Considérez les autres animaux du cirque comme autant de compagnons d’entraînement. En particulier, n’hésitez pas à foncer à dos d’éléphant, seul capable de supporter votre poids. Seule contrainte : un cerceau de la taille d’une maison.

 

♦  Vu les doses de comburant utilisées par cet imbécile de dresseur, une fois que le chapiteau brûle, terminez de vous distinguer en sauvant la veuve et l’orphelin des flammes. Que vous braverez sans rien sentir, pas même le roussi.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Pompier

 

Ils sont la preuve vivante qu’on peut encore se jeter au feu, littéralement, par amour pour son prochain. En combinaison ignifugée, où est le mérite ? rétorqueront les pisse-froid. Le jour où un nid de frelons bien remontés se formera sous votre auvent, rien ne servira d’aller pleurer dans les nylons inflammables de votre mère : c’est sur les pompiers qu’il faudra compter.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Pompier/fireman (« homme du feu »). Facteur/postman (« homme de la poste »). Pompiste/superman (« homme du super »). Avez-vous observé, loin du naturalisme grand-breton, comme le français aime chercher le nom des sacerdoces au diable vauvert ? Reprenons l’exemple de ce brave pompiste – frappé d’obsolescence, alors que plus personne ne s’étonnera dans vingt ans de bipper ses propres zarticles à la caisse. Là, le lien avec pompe crève les yeux. Mais dans le cas du pompier ? Lancier, extincteurier, camion-rougier, à la rigueur, on aurait compris ! Ne me dites pas que les vaillants sapeurs du temps jadis amenaient l’eau à l’aide d’une pompe ?

Eeeeeh si, l’étymo est parfois dééésespérante. Imaginez les anciens pomper comme des Shadoks, les bras débordant de biscottos dus à d’intensives séries de pompes. D’ailleurs ne dit-on pas « pompier pon œil » ? Si, c’est ça qu’on dit (surtout en Elsass). L’outil fait donc la fonction ; songeons aux carabinieri transalpins, délicieux équivalents de nos « gens d’armes ».

 

A l’attention des pyromanes qui liraient ceci (si, si, y’en a qui savent lire), une question nous brûle les lippes : pourquoi ? Qu’est-ce que la pinède vous a fait qui vous pousse, à la première canicule, à sortir du bois et, en l’occurrence, à le cramer in extenso ?
Le criminel classique qui tue son voisin de palier, encore, a un but avoué. Le chasseur, alors on désapprouve par tous les viscères mais son gibier, il le bouffe. Ou s’il s’abstient, le ramène au moins en trophée. Même au comble de l’horreur, le braconnier tire un bénéfice plus ou moins juteux de son sinistre négoce. Mais vous ? QUEL INTERET ?

En vue de punir ces sous-merdes à proportion des irréversibles dégâts occasionnés, on propose donc la crémation de leur vivant, ça devrait leur rappeler des souvenirs. Ou la sodomie par Canadair, au choix.

Merci de votre attention.