Qui de droit

 

Y a-t-il pire tic* que celui consistant à se plaindre (ce qui est déjà passablement pète-khôuilles) à la mauvaise personne (ce qui rend l’affaire 100% stérile) ? On ne se plaint pas, on constate.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Faut-il que le moulin à plaintes ploie sous le faix de ses malheurs pour s’en délester sur le premier venu – c’est-à-dire vous, et votre bol légendaire. Comme si vous en pouviez mais, d’une part, et lui étiez d’un quelconque secours de l’autre.

Inutile de vous répandre en

je n’en puis mais,

sa litanie repartira de plus belle. Ne vous exposez pas aux relances (notamment au sujet de vos tournures) et ne faites pas semblant d’écouter, surtout. Motus, quoi.

 

Ce que voyant, le moulin à plaintes s’en remettra au chat, au sophrologue, au psy voire, comble de l’inefficace, au dieu le plus proche. Ce que voyant, son représentant sur terre, toujours prompt à exploiter le filon en prout-proutant le message, dira :

Aide-toi et le Ciel t’aidera.

Rien du tout.

Aide-toi et le boulot sera fait.

bureau-des-pleurs

Aussi pète-khôuilles que soit le moulin à plaintes, pardonnez-le. Non parce qu’il ne saurait pas ce qu’il fait (faudrait voir à pas trop pousser grand-moman dans les orties, surtout si elle est en short). Mais parce que lui seul détient la solution, attendu que dès l’instant où les jupes de moman ne seyent plus au chouinage, on ne peut compter que sur soi-même.

Se rangeant à votre avis, il ira tout requinqué encombrer la blogosphère. Ses exercices de style pèteront toujours les khôuilles de ses lecteurs mais ils lui permettront au moins de savoir ce qu’il pense.

Merci de votre attention.

 

* Jatil Pirtic, auteur d’une Anthologie du javelot (inachevée).

Tout est vrai (ou presque)

 

Qu’on ne vous voie plus errer d’une chaîne à l’autre entre la fin du JT et la première partie de soirée dans un rototo de fromage. Ta-ta-ta. Personne ne vous a condamnés aux émissions bouche-trou allant de la météo à l’état du trafic en passant par le tirage du loto qu’est jamais pour votre pomme. Ni à vous enfourner (pire encore) un quelconque tunnel de pub. ARRÊTEZ ÇA, POUR L’AMOUR DE QUI VOUS VOULEZ.

Et accourez plutôt sur Arte tous les jours à 20h50 (week-end compris) zieuter Tout est vrai (ou presque). Une pastille pas consensuelle mais qui devrait faire consensus, mes moutons, car tout ce qui est fin + drôle + inventif + unique en son genre ne saurait indéfiniment vous échapper. Ce serait gâcher.

 

En trois minutes chrono, la vie et l’œuvre des grands de ce monde passe donc au tamis d’une joyeuse bande de fous furieux. Rigoureusement authentique (Tout est vrai…), chaque anecdote est prétexte à illustrer ce que raconte la voix off, sur le registre du pied de la lettre et de l’association d’idées. Au vu de la frugalité des moyens du bord (figurines, décors naïfs, accessoires de farces et attrapes manipulés sur fond blanc), c’est un pur délice. Montage et rythme à l’avenant, on ne vous la fait pas, ça tomberait à plat rapidos sans ça.

Inutile de dire qu’on apprend beaucoup et qu’on retient tout, étant donné qu’on se bidonne. Vraiment, hein ! Un rire aux éclats minimum garanti même dans les mauvais jours.

 

Des enfantillages au rendu irréprochable, Panique au village nous avait déjà fait le coup. Evidemment, comme pour les aventures de Cheval, Coboy et Indien, il a fallu bien des talents au diapason pour accoucher d’un truc pareil. Le protocole exigerait de se prosterner devant toute l’équipe en leur baisant les pieds. Plus simple : se reporter au générique de fin de n’importe quel épisode. Ben tiens, au hasard, celui consacré à Catherine Deneuve :

Tant qu’à faire, profitez-en pour passer les 28 minutes qui précèdent en compagnie d’Elisabeth Quin et de ses hôtes pour un regard pertinent et malicieux sur l’actualité. Ce qui fait que tac, (presque) plus besoin de zapper.