Comment détaler tant qu’on n’a pas fini de faire caca ?

 

Les adeptes de « pipi-caca-pot » affichent déjà une mine réjouie ; ne perdons pas les autres en route. Le sujet est plus vaste qu’il n’y paraît.
Il soulève même une question métaphysique de première importance. Imaginez qu’on vous surprenne dans cette posture et qu’il vous faille décider en une fraction de seconde s’il vous faut interrompre le cours des choses ou au contraire considérer cet acte sacré entre tous comme une sorte de trêve des confiseurs ?

 

La manœuvre, une fois entamée, ne souffre aucun revirement. Il faudrait déjà des circonstances bougrement exceptionnelles pour que vous consentiez à remonter votre saint-frusquin (avec tout ce qui pendouille).

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en défécateur civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Emporté(e) par votre élan, vous en oubliez le lait sur le feu. Laissez déborder la casserole furibarde, finissez votre ouvrage. Au moins éviterez-vous une catastrophe sur deux.

 

♦  D’une manière générale, ne cédez pas aux mouvements de panique. Pendant que vous le ferez dans les règles de l’art, laissez autrui chier dans son froc.

 

♦  En cas d’alerte nucléaire, inutile de quitter le trône. Vous clamserez quoi qu’il arrive ! Autant partir apaisé et profiter de cette volupté ultime avant que les becquerels ne commencent à vous larder.

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♦  Le dilemme ne se pose vraiment que dans deux cas : la pénurie soudaine de papier toilette et une greffe de caca imminente. Si la vie d’un être est suspendue à vos sphincters, plus d’hésitation : volez à son secours, crotte et cheveux au vent.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Comment réprimer un fou rire chez le toubib ?

 

Vaste question, qui ne concerne pas seulement les chatouilleux frémissant à la moindre palpation comme à l’approche d’un guili. Malgré la solennité du lieu (ou plutôt à cause de ladite), une vague d’hilarité peut vous emporter sans crier gare. Vos hormones se livrent alors un combat sans merci, adrénaline en tête. Vous avez beau tenter de penser à autre chose, les ruissellements, chauffés par le rouge qui vous monte aux joues, forment bientôt un magma de honte où se jette une morve dont vous ne savez plus s’il faut la renifler ou l’avaler.

En digne serviteur de la médecine qui en a vu d’autres, l’autre poursuit son office. Cet apparent détachement ajoute encore à votre gêne. Vous ne foutez déjà pas souvent les pieds dans son cabinet, ce n’est pas, merde alors, pour que le hasard voue joue des tours si pendables.

Rassurez-vous, c’est nerveux humain. Le ridicule ne tue pas et quand bien même : vous êtes justement dans de bonnes mains.

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en patient civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous, variables selon la spécialité :

 

♦  Qu’un généraliste vous écoute les entrailles avec son stéthoscope gelé ou qu’un ostéopathe vous triture le bedon comme de la pâte à modeler, vos gloussements, quelque inextinguibles qu’ils soient, n’auront d’autre incidence que de détendre l’atmosphère. Il est même conseillé de partager avec eux la réminiscence poilante ou l’idée saugrenue à laquelle ils riront de plus belle.
Mais la situation peut rapidement dégénérer chez l’acupuncteur qui, suite à l’une de vos secousses, ira planter son aiguille trois centimètres et demi trop bas. Et alors là, fini de rire.
Quant au dentiste et à l’ORL, ils perdront non seulement patience mais en prendront pour leur grade face à votre gorge déployée (morve susnommée, postillons, volume sonore…).

 

♦  Il n’est pas jusqu’à vos urologue et proctologue qui ne risquent d’apprécier modérément vos soubresauts, synonymes à ce stade de souillures inévitables.

 

♦  Ce qui précède n’a aucune commune mesure avec un fou rire chez le chirurgien esthétique, dont on laisse à penser les conséquences désastreuses pour ce lobe d’oreille ou ce nez en trompette qui faisaient finalement votre charme.

 

♦  De même, si vous poussez la porte d’un thérapeute par le rire dans cet état, prenez garde : toute crise sera contre-productive. L’homme vous bottera vraisemblablement le train, bouffera son diplôme avec de la sauce piquante et filera refaire sa vie chez les Mormons du Dakota du Sud.

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♦  LA solution ? Arrangez-vous pour que la consultation concerne une autre personne, ami(e), conjoint, progéniture… laquelle vous saura gré de l’avoir si jovialement soutenue pendant ce (moins) mauvais moment à passer.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.