De s’en battre les khoûilles elles devraient arrêter

 

Non contentes de régresser au stade de meufs, certaines filles du sexe féminin vont jusqu’à clamer :

je m’en bats les khoûilles

aux khongénères qui les leur pètent.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Déjà peu amène dans la bouche de qui en est pourvu, « je m’en bats les khoûilles » est d’une laideur peu commune chez la locutrice en mal d’imagination. Elle n’a pourtant que l’embarras du choix pour faire fi des arguments d’en face :

ça n’a aucune importance, rien à foutre

ou, dans la gamme de voyage :

peu me chaut, je n’en ai cure.

 

En plus, c’est absurde. Serait-elle jalouse de la robinetterie de monsieur ? On ne peut pas le croire. Imaginez ce dernier affirmant qu’il s’en « bat le soutif ». Ou « les escalopes ». Il n’en fera jamais rien, ayant déjà bien assez à battre de deux glaouis – voire d’une meuf.

 

Parce que généralement, c’est au cours d’une dispute qu’on en vient à « s’en battre les khoûilles ». Avec une animosité qui contredit l’indifférence affichée, surtout précédée d’un « vas-y » ou d’un « t’sais quoi » – voire les deux.

Mais la formule est surtout révélatrice d’une tendance à tout faire comme les mecs. Que les intéressés encouragent parfois sans le vouloir. En se disant par exemple attirés par les « voix de fumeuses ». On peut à la rigueur trouver à l’organe voilé d’un vieux cancéreux une certaine sagesse. Mais comment ne pas souffrir pour celle dont les cordes vocales ne vibrent plus qu’à mi-grave ? Elle ne s’en bat certainement pas les khoûilles, dans l’intimité.

 

Et puis, c’est une histoire de rythme. « Je m’en bats les coucougnettes » n’aura jamais le péremptoire de son équivalent à « khoûilles ». Avec sa succession idéale de an, a, é et ou, « je m’en bats les khoûilles » clôt la discussion.
Remballez tout.

Merci de votre attention.

 

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Comment clamser moins cher ?

 

L’homme est un omnivore. Qui ingurgite par conséquent tout ce qui passe. Quand ce n’est pas par l’œsophage, les voies respiratoires prennent le relais. Vous-même à vos heures perdues sniffiez naguère votre pot de colle quand vous ne goûtiez pas en secret les gaz d’un autobus plus très frais.

 

Actuellement, il semble que la cigarette virtuelle fasse un tabac. Pourvu que le cancer, lui, ne le soit pas.

C’est vrai, quel intérêt de cloper sans danger ? L’extinction des puits de pétrole compromet déjà la possibilité de vous tuer en toute tranquillité pendant que le cours du baril s’envole. Autant vous tourner vers d’autres fumées, moins coûteuses à défaut d’être moins nocives.

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en suicidaire civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Faites la paix avec vos voisins en fumant le calumet lui-même.

 

♦  Fumez du pissenlit. Par la racine, ce qui vous préparera le terrain.

 

♦  Ne sombrez pas dans l’illégalité prévisible et les paradis justement nommés artificiels. Rien ne vous interdit de fumer les vapeurs du barbecue, qui aiguiseront tous vos sens et vous crameront les bronches aussi sûrement qu’une cartouche de goldos.

 

♦  Après la Noël, recyclez intelligemment les épines de votre sapin ainsi que le sable qui le maintenait en en bourrant votre narguilé tout neuf. Décès garanti dans l’année (finissante).

 

♦  Inhalez vos propres pets, via un tuyau directement relié au séant. Non seulement vous les supportez très bien mais c’est entièrement gratuit, 100% naturel et les parfums sont variables à l’infini.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Nonchalance

 

Comme état d’esprit, la nonchalance est une plaie. Ses accès, en revanche, sont tout un art. Une terrasse de café suffit d’ailleurs à distinguer les vrais nonchalants des habitués. Les premiers, rttant sporadiquement, savourent encore ce moment de farniente.

Mais revenons à nos moutons, perroquets.

C’est exactement le distinguo à l’œuvre entre se laisser aller (accès de nonchalance) et laisser-aller (nonchalance avec métastases). Dans le deuxième cas, les symptômes vont de l’indolence au je-m’en-foutisme.

« S’en foutre », voilà au grand jour la matrice étymologique de nonchalance.

 

Dépourvu de collier grâce auquel on pourrait retrouver son maître, le mot ne se décline en effet – à votre connaissance – qu’en épithète et adverbe (« nonchalamment chaloupé »).
C’est parce que vous ne cherchez que dans le vocabulaire maternel.

Téléportez-vous aux XVIe et XVIIe siècles et chaloir vous sautera au cou. C’est qu’il est content de vous voir à force d’être inusité, sauf dans l’expression de grand seigneur « peu me chaut », indiquant que vous vous en moquez éperdument, que ça vous est strictement égal, que vous vous en contrefoutez mais à un point, que ça vous en touche une sans faire bouger l’autre, en somme.

(Peuple, militons pour la réintroduction de chaloir et de nonchaloir, et vite).

 

Il faut remonter aux confins du françois (IXe siècle !) pour l’apercevoir à la forme impersonnelle (attention, c’est un peu fort en bouche) : chielt (« il importe »), devenu chalt puis chaut.

Au commencement était le latin calere, « être » ou « avoir… chaud ». D’où « s’inquiéter » pour une chose importante.

C’est vrai ça, on n’a pas de verbe, nous, pour dire « il fait chaud » !
Ni « froid » d’ailleurs, à moins de tomber fissa dans les superlatifs : « il gèle, il meule… ». Ce qui apparemment ne fait ni chaud ni froid à la langue nonchalante.

Bref, chaleur, que calor et tout ce qui s’ensuit. Chaland compris, lequel, avant d’être un client fidèle, « comptait » beaucoup pour vous en tant qu’« ami ».

 

Pas d’attaches, nonchalance ? Foutaises.

Merci de votre attention.

nonchalance2

Placement de bifteck

 

Pour éviter toute forme de publicité déguisée dans les fictions, le céhèssa exige depuis un certain nombre de berges qu’apparaisse la mention suivante à l’orée du générique :

Ce programme comporte du placement de produit.

Pfioû, ça va mieux en le disant.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

La pub s’affiche donc au grand jour mais sous un faux nom. Et comme un téléspectateur averti en vaut deux, il peut dorénavant s’amuser à repérer des marques auxquelles il n’aurait pas prêté la moindre attention. Chouette, non ?

 

Depuis qu’alléluia, les chaînes publiques sont tenues de jarreter toute réclame après 20h, elles ne se privent plus de recourir à cette parade déjà ancienne, en accord avec les marketeux. Les tunnels de pub bannis de l’antenne ? Il reste le subliminal. Attendu que ce qui se déroule à l’écran a l’air de se passer dans la vraie vie, dans laquelle on croise des marques à tous les carrefours (je positive), celles-ci peuvent bien s’immiscer dans le feutré. Ou façon concentré de tomates, dans des programmes courts de type « consomag » juste avant le film, ça on a le droit, ça ?

 

La presse papier délaye pour sa part avec du vocable à consonance journalistique. De pleines pages de publi-communiqués et autres actualités commerciales jouxtent l’info. Et pourquoi pas

scoops et dernières annonces

pendant qu’on y est ?

 

Voilà pour le côté non assumé. Pour être complet, faudrait aussi railler la peur d’être hors les clous qui, seule, peut expliquer des inutilités de la trempe de

fumer tue

ou de

suggestion de présentation

sur les emballages de victuailles…

 

Auteur de mentions obligatoires, un métier d’avenir.

Merci de votre attention.