Sous quelle latitude échapper au fisc ?

 

Tant que vous vous montrerez plus enclin(e) à lâcher votre pays que votre pognon, vous aurez toujours une longeur d’avance sur l’administration. Se pose alors la question du point de chute.

Si les paradis n’ont de fiscal que le nom, ils n’ont pas grand-chose de paradisiaque non plus, soyons honnêtes. A votre arrivée, votre déception grandit d’heure en heure : ces sauvages ne parlent ni la langue ni la leur mais seulement celle des affaires, avec au surplus un accent effroyable. S’ils semblent compréhensifs (à défaut d’être compréhensibles), c’est après votre flouse qu’ils en ont – attitude que vous étiez précisément venu(e) fuir jusqu’ici. Et puis le pain est dégueu.

De petit pays oublié en atoll sordide, vous ne savez plus à quel saint vous vouer.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en exilé civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Lors de votre prochain passage à Disneyland, élisez domicile dans la banque d’oncle Picsou. Veillez à ce que ni Riri, ni Fifi, ni Loulou ne vous dénoncent par inadvertance.

 

♦  Prenez le taureau par les cornes et fondez votre propre pays offshore, où l’impôt ne sera plus qu’un lointain souvenir (comme les routes et les hôpitaux, simple question d’habitude).

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♦  Société-écran après société-écran, c’est épuisant. Pourquoi ne pas vivre au grand jour votre cavale ? A condition toutefois d’appartenir au club des trop-gros-pour-être-emmerdés.

 

♦  Si votre passe-temps favori est l’optimisation, c’est que par définition vous avez suffisamment d’oseille pour ne plus savoir qu’en foutre. Faites-vous un petit plaisir : déguerpissez sur Mars. Le plus teigneux percepteur n’ira pas vous chercher là-bas.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

« Être en retraite »

 

De plus en plus, l’expression qui nous vient au sujet d’un retraité tout juste disparu du paysage est celle-ci :

il est en retraite.

Sa variante « partir en retraite » ne part pas moins en sucette.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Digne successeur d’« être en panique » déjà laminé dans ces colonnes, « être en retraite » supplante donc à fréquence exponentielle « être à la retraite » (ça sonne mieux tout d’un coup, trouvez pas ?).

Et bougoi ?

 

Zhypothèse 1 :
Nous nous laissons abuser par le lointain écho de « battre en retraite », exclusivement réservée aux fantassins qui n’en mènent pas large.

Zhypothèse 2 :
Pas moins trompeur, « être en retrait ». Sournois, çiloui-là. Surtout qu’« en retraite » se disait jadis à sa place… Or, c’est bien connu, se mettre en retrait (de la vie politique notamment) ne veut pas dire charrette. Sortir de sa retraite pour imposer à nouveau sa trombine au peuple est même monnaie courante.

Zhy3pothèse :
Nouveau départ pour certains, terreur existentielle pour les autres, dire « la retraite », c’est la voir se dresser devant nous, inéluctable. Alors qu’avec une simple préposition, exit l’article défini. Et hop : diluée, la menace !

 

Petit truc pour bannir définitivement « en retraite » de l’espace sonore : représentez-vous les baby-boomers « à la plage », « à la fraîche », « à la masse ». Remplacez maintenant par « en plage », « en fraîche » : avouez que vous vous empourprez. Et pourquoi pas « en masse » pendant que vous y êtes ?

Merci de votre attention.