Ministre

 

Un ministre, ça ferme sa gueule ou ça démissionne,

fit Jean-Pierre Chevènement un jour où il n’avait pas sa langue dans sa poche.
Mémorable saillie frappée, du point de vue de la langue précisément, au coin du bon sens.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Car à l’origine, est ministre « celui qui accomplit une tâche au service de quelqu’un ». Plus précisément « du roi » ou d’un « souverain », avant que les sans-culotte ne relèguent les ministres aux seuls ors de la République.

Parallèlement, dès l’an de grâce 1174, un ministre se met « au service de Dieu » ; difficile de monter plus haut dans la pyramide. Chez les cathos, on parle même de « ministre du culte ». Quant aux premières moutures d’administrer, n’équivalent-elles pas purement et simplement à « servir à l’autel » ? Meuh alors.

 

Et pourquoi diable un ministre a-t-il toujours l’oreille de celui qui commande, à la fin ?
Parce qu’il vient tout droit du latin minister, exact contraire de magister, le « maître ». Magistral, non ?

 

Vu sous cet angle, vaudrait-il pas mieux nous défaire de ce ministre un brin anachronique ?

Car comme le rappelait Jacques Chirac, ankylosé par un caillou à l’Intérieur de sa chaussure présidentielle :

Je décide, il exécute.

Sur le modèle du président/prae-sidium (« celui qui est assis devant »), affublons dorénavant chaque ministre du nom de redident, celui qui végète à l’arrière.

Merci de votre attention.