Par quel doigt torturer l’ennemi en premier ?

 

Votre pire ennemi est enfin à votre merci. Autant dire qu’il va le sentir passer.
Tout à votre impatience d’en découdre, vous avez l’embarras du choix : comment le léser au maximum ?
Lui râper les parties au zesteur ? Promener vos pieds gelés contre ses tibias ? Lui recoudre le trou de balle ? Ou encore le forcer à loucher pendant toute la durée de L’été indien, attendu que dorénavant, toute la vie sera pareille à ce matin ?

A moins de lui tirer les poils du nez (suivis des vers si tout va bien) ?

 

Finalement, vous décidez de lui niquer les phalanges. A plus ou moins brève échéance, il devra tirer un trait sur l’usage de ses mains – en tenant le crayon dans la bouche.

doigtsFort bien mais par quel doigt commencer ?
Celui dont le sacrifice le fera craquer au plus vite.
C’est vite dit ! Souvenez-vous de Django.

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en cisailleur civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Choisissez déjà la bonne main. Si votre homme est branleur de dindons par exemple, droitier qui plus est, le mutiler à gauche n’offrira aucun intérêt. S’il s’avère qu’il est ambidextre, il vous aura décidément emmerdé jusqu’au bout (mais les glouglous perdront un ami précieux).

 

♦  D’emblée, vous pensez à sa majesté le pouce. Conséquence : plus d’auto-stop, ni d’affiches à punaiser, ni de comptage sur les doigts. Quant à dire « pouce » ou faire signe qu’il apprécie vos tortures…Vous ne saurez tout simplement plus à quoi vous en tenir.

 

♦  Attaquez donc l’index. Ne pouvant plus montrer la lune aux imbéciles dans son genre, il cessera de se croire supérieurement intelligent. Dans ce cas, tous vos griefs contre lui se volatilisent et vous voilà obligé de le relâcher. Est-ce bien le but recherché ?

 

♦  Le majeur ? Certes, ses doigts d’honneur n’auront pas le même impact. Mais là encore, dans l’impossibilité de signifier son mépris, il vous redeviendra dangereusement sympathique.

 

♦  Venons-en à l’annulaire. Libéré de son alliance, l’ennemi ne se sentira plus de joie et vous sautera au cou. Et pourquoi pas une demande en concubinage à ce compte-là ?

 

♦  L’auriculaire alors ? Privé du plaisir de jouer les coton-tiges de substitution, l’autre se prendra pour un spray et vous soufflera jusque dans les bronches – ce qui ne changera point de d’habitude.

 

A tout prendre, élaguez-lui les orteils, ça lui fera les pieds.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Fulgurance #41bis

L’inventeur des gants qui permettent de se moucher quand même, les enrhumés reconnaissants n’ont pas fini de lui faire des poutous.
De loin.