Comment continuer à s’entraîner sous les verrous ?

 

Une petite gymnastique matinale, passe encore. Mais dès que vous pratiquez le sport de haut niveau, vous échauffer entre quatre murs devient une gageure (poil au fémur). Par la force des choses, votre équipement habituel se trouve réduit au strict minimum : table, lit, sanitaires, brosse à dents.

Il faut déjà espérer que votre incarcération ne soit pas liée au dopage. Vous faisiez moins d’efforts que vos petits camarades avant, ce n’est pas pour en redoubler ici. Du reste, on vous connaît, à votre sortie, vous replongeriez aussi sec. Alors à quoi bon s’enquiquiner ?

 

Considérez plutôt ce confort spartiate comme un défi à votre soif de vaincre. Ne ménagez pas votre peine pendant le temps où vous la purgez ; les concurrents n’ont qu’à bien se tenir.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en tueur civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Chemin de ronde, chaleur accablante, bousculades ni vu ni connu, sonnerie du maton pour vous enjoindre à rentrer au bercail… Champion du 10 000 mètres, vous ne serez pas dépaysé. A la boxe, pas davantage.

 

♦  De même, votre couche fera un trampoline tout à fait intéressant une fois les ressorts légèrement renforcés.

♦  Quant à la table, on peut dire que vous êtes verni, elle est aux dimensions idéales pour le ping-pong. Dommage que votre truc à vous soit l’équitation. L’union fait la force : dressez un codétenu à coups d’éperon et à vous les obstacles.

 

♦  Ce petit séjour au frais vous donnera l’occasion de progresser à la perche. Un peu de tuyauterie mise bout à bout, un pas de course en direction du mur d’enceinte et humpff ! Attention, vous n’avez droit qu’à un saut.

 

 

♦  A défaut de bassin olympique, profitez du détournement de tuyauterie de tout à l’heure pour provoquer un dégât des eaux. Vous pourrez alors multiplier les longueurs dans votre cellule. Choisissez : c’est ça ou nager dans votre urine.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Comment repérer un arbitre dopé ?

 

N’est pas arbitre qui veut. Rendez-vous compte de la force de caractère qu’il faut pour rester droit dans ses bottes en essuyant les menaces de mort de tous côtés. Les joueurs risquent moins leur peau, qui sont visés collectivement (en vrai, les supporters sont des dégonflés). Ils pourraient d’ailleurs sortir dans la rue sans garde du corps. Quant à l’arbitre, s’il sort, c’est dans l’anonymat le plus total et pour promener son chien (en vrai, les supporters sont des dégonflés).

N’oublions pas la force physique du bonhomme. Les statistiques donnent toujours la distance parcourue par x ou y au cours d’un match. Elles ne s’intéressent jamais au nombre de bornes que s’enfile l’arbitre. Lequel, comme le veut sa fonction, se trouve tout le temps sur l’action, pas comme ces feignasses d’ailiers ou de goal. Observez-le : c’est proprement surhumain.

 

D’où l’appel de plus en plus pressant à l’arbitrage vidéo : il ne peut pas être partout, le bougre. Idem dans le vélo. Pour pallier une absence que ne compensent pas les commissaires de course vissés sur leur chaise, les commentateurs se tournent vers d’autres « juges de paix » : Glandon, Tourmalet, Aubisque…
Ah si les cols pouvaient parler.

 

Mais pour avoir toujours raison même quand il a tort, à quoi carbure l’arbitre ?

N’étant pas infaillible, les sportifs qu’il a à l’œil ne peuvent compter, à leur tour, que sur le dopage pour se départager. Rompons dare-dare ce cercle vicieux et penchons-nous sur les pratiques du corps arbitral.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en arbitre d’arbitre civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  D’office, quatre ans de suspension pour les arbitres russes et est-allemands, ça gagnera du temps.

 

♦  Sélection naturelle toujours, un simple contrôle visuel suffit à disculper votre homme dans les sports individuels. Au tennis par exemple, voyez comme l’arbitre de chaise s’empâte. Et que dire des vieux croulants chargés d’homologuer le saut des athlètes ? Brioche et compagnie. Sans compter – et c’est ce qui leur donne cet air si triste – qu’eux n’ont pas le droit de se jeter dans le sable sous les hourras.

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♦  Probité suspecte ? Attention, certaines hormones de droiture sont autorisées par les instances. Effets les plus spectaculaires : 1) infliger un second carton au joueur qui conteste le premier, 2) ne pas siffler une faute imaginaire de l’équipe A uniquement pour faire plaisir aux supporters de l’équipe B sanctionnée cinq minutes avant à juste titre.

 

♦  Multipliez les contrôles inopinés dans les vestiaires. Une fois passés au peigne fin short, cartons et caméra embarquée, vérifiez qu’aucun roulement électrique n’est dissimulé dans le sifflet.

 

♦  A l’issue de la compétition, soumettez l’arbitre aux mêmes analyses d’urine que les joueurs. Aux chiottes l’arbitre, en quelque sorte.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.