Fac-similé

 

Il y a comme ça des mots uniques en leur genre qui vous font dire, avec respect (et redondance) :

Tiens, lui, il est unique en son genre.

Si opossum et tomahawk figurent en bonne place dans la liste, on ne causera ce jour que de fac-similé. Avouez que sur le plan formel, cette « reproduction à l’identique d’un écrit, d’un dessin » ne se trouve pas les sabots d’un chwal.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Si la partie similé nous éclaire sans chichis sur l’étroite similarité entre copie et original, fac reste un mystère pour quiconque n’en a pas usé les bancs.

Il s’agit pourtant tout khônnement de l’impératif du verbe latin facere. Autrement dit, « fac simile » = « fais la même chose ». Raison pour laquelle on rencontre la bête dénuée d’accent jusqu’en 1835 dans nos dicos.

En anglais, elle fait partie des meubles dès la seconde moitié du XVIIe siècle. Pas étonnant, quand on sait que nos voisins grands-bretons usent et abusent de similar. Nous autres tendons à considérer l’adjectif comme légèrement soutenu, oubliant que le vieux latin semol a donné tout ensemble same et similar à l’anglais ainsi que zusammen à l’allemand…

Quant à facere, nous nous le sommes fait refaire en faire. Tout en gardant sous le coude, pas fous, factuel et tous les dérivés en c : factice, façon, facteur, facture (pas trop longtemps quand même, sous le coude).

 

Enfin, on croise à l’occasion facsimilé, par exemple sous la plume de l’« accusateur » Zola.
Et figurez-vous qu’on peut très bien fac-similer ! A ne prononcer qu’à condition de se la péter davantage que la moyenne, évidemment. Pour s’en convaincre, conjuguer :

Je fac-simile,
Tu fac-similes…

Libre à vous de faire de même (ou pas).

Merci de votre attention.