Fascinant

 

Autant l’étymo de fascinant est fascinante, autant celle de parthénogenèse ne s’avère pas particulièrement parthénogenèse – bien que le processus soit fascinant en tout point.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Subjuguer nous avait déjà fait le coup : l’objet de fascination tourneboule. Dans la durée cependant. Car si le coup de foudre subjugue, l’être aimé fascine en dépit du temps qui passe.

 

Le bougre apparaît sur le tard, fin XIVe. Jusque-là, au lieu de fasciner, on se contentait de fesnier. Le verbe latin était pourtant limpide : fascinare, « faire des charmes, des enchantements », en vertu de fascinus, « charme, enchantement » (ben tiens), d’origine obscure (ben tiens).

Certains y voient un rejeton du grec ancien baskanos, « calomnie, jalousie », né du verbe baskaínô, « ensorceler, calomnier ». Avec l’influence du latin fari, « parler », qui donne le fameux fameux, ainsi qu’emphatique. Un peu capillotracté vu comme ça.

D’autres ne jurent que par l’indo-européen bhasko-, « tas, petit fagot », qui préfigure faix, faisceau et donc fascisme. Fascinant, en un sens.
Surtout si on considère l’« amulette en forme de phallus » qu’était le fascinum. Un peu poildekhoûillotracté vu comme ça. Sauf à considérer que le membre viril est charmeur par nature. On voit déjà des filles du sexe féminin faire leur moue « ça dépend lequel ».

 

Restons-y, puisque vous y tenez. Avant de devenir la bâche de toile qu’on connaît, bhasko- avait engendré le vieux françois bache, « caleçon de femme » ainsi que baschoe, baschoue, « hotte de bois ou d’osier ». Autant dire le « panier » de basket.
Proprement fascinant, n’est-il pas ?

 

Notez enfin que l’inverse de fascinant est pas fascinant, ce qui en dit long sur l’épithète.

Merci de votre attention.