Fulgurance #122

Première mi-temps, mi-temps, deuxième mi-temps.
On a beau refaire le calcul, quel que soit le sport, tout guillemet à « troisième mi-temps » est une arnaque.

Un coup bref, un coup long, un coup bref

 

Un tic télévisuel s’invite depuis quelques berges à toutes les tables de montage lors d’un événement sportif : remontrer l’action au ralenti, amené (et parfois évacué) en accéléré, afin de faire paraître le geste encore plus surnaturel.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

D’un coup d’un seul, il semble que toutes les régies se soient donné le mot. On part quelques secondes avant le tacle, deux échanges avant le revers fatal, on les avale comme si de rien n’était pour ne s’intéresser qu’à la portion qu’on estime congrue.

Le procédé est au sport ce que le porno est aux histoires d’amour, pardon.

 

Certes, les réalisateurs étalent de la sorte leur virtuosité au grand jour. Ils donnent en direct la touche finale au spectacle. Sauf qu’on ne le répétera jamais zassez, la maîtrise technique seule ne vaut pas tripette.

Car ces zooms temporels, s’ils deviennent gerbants ridicules à force d’envahir l’écran, zappent surtout – littéralement – le signe avant-coureur, le coup d’œil, le placement, le détail décisif sans lesquels d’action, nada, et qui vaudraient le coup d’être revus (à vitesse au moins normale) pour éventuellement s’en inspirer si l’on est soi-même sportif.

Faut pas trop en vouloir aux types aux manettes néanmoins. Ces « stop and go » un rien puérils ne font que reproduire (inconsciemment ?) l’esthétique hongkongaise en vigueur dans les films de baston et les jeux vidéo du même tonneau, qui veut que le combattant s’élève dans les airs (sans élan) et ait le temps d’exécuter (toujours à ça du sol) des figures aussi élaborées qu’inutiles avant de balancer (fissa tout d’un coup) son ramponneau.

 

Tout ça colle de moins en moins au réel, allez quoi…

Merci de votre attention.