Répugnant

 

Répugnant, répugner à : vingt contre un que tout ça est famille avec pugnace et le pugilat qui s’ensuit. Pugnace prononcé comme Ignace ? Vous pouvez très bien y répugner, au motif que « puguenace » rend davantage justice à l’étymo – et en jette un max par ailleurs. Dans ce cas, soyez logiques : « répuguener », « répuguenant ». Ah si si.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Pas besoin d’en faire des tonnes sur le sens de répugnant, on sait à quels rictus de dégoût l’épithète peut conduire.
Fort bien mais quel rapport avec pugnacité, combat, gnaque, fighting spirit et autres synonymes pour demeurés ? Le cousinage évoqué à l’instant ferait pschitt ?

Baissez pas les bras. Repugnare, « lutter contre, s’opposer à, résister » : le verbe latin est en plein dans le sujet.
D’ailleurs le premier repugnant attesté fait figure de « résistant ». Même topo pour la forme verbale : « repugner a » = « s’opposer à, être contraire » en 1365.
Frontale, la lutte.
Les fins lettrés n’étant jamais très chauds pour se mettre sur la gueule, le sens évolue lentement mais sûrement en « ressentir une grande aversion à faire quelque chose ». Et plus laconiquement, à l’époque de Louis XIV, « manquer d’enthousiasme pour ».
Mouchetés, les fleurets.

 

Rentrons dans le vif du sujet. Pugnare (auquel on a ajouté re- pour bien insister) signifie déjà « se battre, donner des coups, cogner ».
A cause du pugnus qui a donné notre poing, formé sur l’indo-européen peuk- (« frapper »).

Et inexpugnable alors ? Tout juste : « qu’on ne peut prendre d’assaut ».
Comme quoi c’est vraiment pas la peine de chercher la baston.

Merci de votre attention.