Quel repas sauter (ou non) ?

 

Pour une raison x ou y (manque de temps, perte de temps, pas le temps, autant dire aucune raison valable), vous avez décidé de sauter un repas.

Autrement dit, de mettre en pièces votre rythme physiologique. Et les protestations véhémentes de votre ventre (krrrrrrrwww, garglglglgl, plllllleeeeeeaaaase) n’y feront rien.

Vous abstenir de boire, vous retenir de respirer ou vous imposer une nuit blanche ne vous ferait pas plus de tort.

 

Ce n’est pas parce que votre culte pousse au jeûne, quand même ? On ne peut pas le croire. Qu’elle prenne le nom de Carême, Ramadan ou Yom Kippour, c’est de l’auto-mutilation. Et si vous sautiez une religion, plutôt ?

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en pénitent civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

♦  Vous vous passez de petit déj tous les matins. Libre à vous de vous priver qui de confitures, qui de miels, qui de pâtes à tartiner aptes à vous dérider dès potron-minet. Cette énergie perdue à l’allumage vous transformera en limace pour la journée.

 

♦  Pas de pause déjeuner ? Vous n’y pensez pas : vous n’avez rien mangé depuis la veille.

 

♦  Ne faites pas l’impasse sur le goûter parce que ce serait moins grave. Ne serait-ce que par respect pour la boulangère, qui se sera tapé toute la pâte à choux et la crème pâtissière des éclairs pour des prunes.

 

♦  Vous n’avez jamais su la différence entre dîner et souper – si tant est qu’il y en ait une. Dans le doute, sautez les deux, ça leur apprendra.

 

♦  Résolvez le problème : devenez gréviste de la faim. Pour l’éradication de la faim dans le monde, tiens, noble cause.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Comment tout avaler d’une traite ?

 

A peine vaquez-vous à une occupation que le devoir vous appelle. Si vous êtes dans votre bain, encore vous suffit-il d’enjamber la baignoire et de nouer une serviette là où je pense, en poussant un rogntûdjû pour la forme.

Mais lorsque vous êtes en train de bouffer ? On vient vous interrompre la bouche pleine, ce que tous les codes du savoir-vivre condamnent avec fermeté. Et pas moyen d’y couper : c’est maintenant ou tout de suite. Mieux vaut lâcher votre frichti toutes affaires cessantes, sans quoi vous passerez pour un tire-au-flanc et c’est vous qu’on lâchera pour finir.

Or, vous venez à peine de commencer. Sauter un repas n’est déjà pas recommandé, pas question de crever la dalle dans une heure – sans parler du soin avec lequel vous aviez préparé votre gamelle.

Foutu pour foutu, la tentation est grande de tout gober d’un coup. Mais avez-vous songé à l’indigestion et au charivari gastrique ?

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en Gargantua civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Vous aviez prévu de gueuletonner à l’abri des regards. Puisqu’on vient vous chercher, partagez votre pitance avec l’ennemi, qui pensera moins à vous emmerder.

 

♦  Au foot, surtout si vous êtes goal, évitez de vous faire mal voir du petit teigneux qui vous sert de capitaine. Enfournez comme vous pouvez et, quand celui-ci viendra vous congratuler après un arrêt dont vous avez le secret, recrachez-lui tout à la gueule.

 

♦  Et l’arête de poisson ? Les statistiques les plus affolantes courent sur les décès par étouffement. Devenez vegan, ça vous coupera l’appétit pour un moment.

 

♦  Solidarité avec les vaches toujours : prenez exemple sur le système digestif des ruminants. Une simple greffe et vous pourrez régurgiter à l’envi.

♦  Faites-vous respecter, nom de nom. Face à ceux qui vous pressent de tout mettre dans la bouche, une seule solution : la grève de la faim.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.