Comment clamser moins cher ?

 

L’homme est un omnivore. Qui ingurgite par conséquent tout ce qui passe. Quand ce n’est pas par l’œsophage, les voies respiratoires prennent le relais. Vous-même à vos heures perdues sniffiez naguère votre pot de colle quand vous ne goûtiez pas en secret les gaz d’un autobus plus très frais.

 

Actuellement, il semble que la cigarette virtuelle fasse un tabac. Pourvu que le cancer, lui, ne le soit pas.

C’est vrai, quel intérêt de cloper sans danger ? L’extinction des puits de pétrole compromet déjà la possibilité de vous tuer en toute tranquillité pendant que le cours du baril s’envole. Autant vous tourner vers d’autres fumées, moins coûteuses à défaut d’être moins nocives.

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en suicidaire civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Faites la paix avec vos voisins en fumant le calumet lui-même.

 

♦  Fumez du pissenlit. Par la racine, ce qui vous préparera le terrain.

 

♦  Ne sombrez pas dans l’illégalité prévisible et les paradis justement nommés artificiels. Rien ne vous interdit de fumer les vapeurs du barbecue, qui aiguiseront tous vos sens et vous crameront les bronches aussi sûrement qu’une cartouche de goldos.

 

♦  Après la Noël, recyclez intelligemment les épines de votre sapin ainsi que le sable qui le maintenait en en bourrant votre narguilé tout neuf. Décès garanti dans l’année (finissante).

 

♦  Inhalez vos propres pets, via un tuyau directement relié au séant. Non seulement vous les supportez très bien mais c’est entièrement gratuit, 100% naturel et les parfums sont variables à l’infini.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Publicités

Jerrican

 

Au motif qu’on le prononce à la française, d’aucuns crieront sur tous les toits que jerrican est un mot à nous. Avec un look pareil ? Je ricane.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Certes, jerrican est entré dans les mœurs. Mais n’exagérons rien, on ne consent qu’à le remplir d’essence :

un jerrican d’essence.

Voyez.

Aucun jerrican n’a jamais accueilli de lait d’ânesse, ni de beaujolpif, ni d’autre liquide capable de désaltérer sur la route du Dakar. D’ailleurs on serait bien en peine de donner, à brûle-pourpoint, la contenance moyenne d’un jerrican, contrairement à celle d’un magnum, d’un jéroboam ou autres nabuchodonosors, homologués eux au moins.

Est-ce à dire que le jerrican est un bidon tout ce qu’il y a de plus bidon ?

 

Let’s see the English etymo.

Pour dire « coupe » ou « récipient », le vieil anglois avait canne à la bouche (simplifié depuis). Probablement un emprunt au latin canna de même sens. Interdiction de se moquer, surtout avec une canette à la main.

Mais qu’en est-il de jerry, comme on l’écrit en Anglo-Saxonnie ? Serait-ce le nom d’un gus ?

Plus exactement d’un Fridolin, vu par les soldats britanniques de la Première Guerre Mondiale. Lesquels obtinrent ce Jerry en altérant German, à moins (la question n’est pas tranchée) que la forme du casque boche ne leur eût évoqué un « jerry », « pot de chambre » venu du jéroboam cité plus haut. Qui lui, – Chleus, ça va pas vous plaire décidément – vient du nom de ce roi d’Israël réputé « soutenir le peuple » (yarobh`am).

 

Sachez pour finir que le can à Jerry contenait très précisément « 5 gallons », les Zalliés l’ayant gaulé sans sommation aux Fritz en 1943.
Comme ça, vous pourrez frimer tout votre soûl au prochain plein.

Merci de votre attention.