Comment se gratter en ayant les deux mains prises ?

 

Attendu qu’il reste rarement les bras ballants plus de trois secondes en moyenne, l’homme moderne passe son temps à avoir les mains prises. La femme moderne aussi d’ailleurs, qui par les courses, qui dans l’évier, qui aux fourneaux…
C’est alors qu’une terrible envie de se gratter se déclare. Choisit toujours son moment, celle-là.

Dans ce cas, il suffit de faire appel à un tiers de bonne volonté pour vous soulager, soit du contenu de vos pognes, soit l’épiderme directement.
Dans le couple, cette forme de caresse détournée permet d’atteindre des régions difficiles d’accès : le dos, entre les omoplates, le dos également…

Mais livré(e) à vous-même ?
Imaginez que vous soyez suspendu(e) au-dessus du vide. Ce ne serait rien, sans cette démangeaison inopportune. A la main, pour couronner le tout. Vous pouvez toujours vous gratter pour qu’on vienne vous tirer de votre inconfort.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en gratteur civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

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♦  Vous ne pouvez vous empêcher de vous frotter frénétiquement le tibia. Problème : celui-ci dort dans le plâtre. Patientez trois petites semaines. Au pire, suppliez l’interne de viser juste avec son foret à béton.

 

♦  On vous a enfilé une camisole de force (ne protestez pas, c’est que vous l’aviez bien mérité). Survient l’envie de gratter. Il y a de quoi devenir fou, avouez. Ne vous plaignez pas, vous êtes déjà dans la place.

 

♦  De même que cireur de chaussures est un sacerdoce oublié, personne ne pense au gratteur de rue. Pourtant l’activité est promise à un bel avenir : la clientèle ne fait jamais défaut et s’extasie volontiers après le service rendu. Il ne vous reste qu’à lancer le concept.

 

♦  Portez à même la peau uniquement de gros pulls qui grattent, en proscrivant tout adoucissant.

 

♦  Glissez-vous subrepticement à la place de l’éponge magique sur l’évier de tout à l’heure. Vous aurez même le plaisir de lécher les plats pendant qu’on vous grattouille.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Et au milieu roule une civière

 

Difficile de les éviter, réglons aujourd’hui leur compte à ceux qui circulent au milieu. Leur inertie, nous sommes d’accord, est à la limite du supportable. Puisqu’eux-mêmes n’en prendront pas l’inititative, qu’on les déporte une fois pour toutes.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Pas un tronçon de réseau autoroutier où ne sévissent ces gugusses. Alors que sur une deux-voies, j’en connais qui feraient nettement moins caguer leur monde sur la voie du milieu – pour ne pas dire plus du tout.
Sans doute croient-ils ainsi se mettre à l’abri de la rambarde de sécurité à hauteur d’œil gauche et des bandes crénelées tout à droite (celles qui font ta-pôm ta-pôm pour éviter de foncer nuitamment dans le décor). Soit au passage, deux trucs pensés précisément pour leur sécurité.
Ce faisant, mesurent-ils à quel point ils perturbent la fluidité du trafic ?

Puisque ces imbéciles heureux ont, contre toute vraisemblance, obtenu leur papier rose, on ne rappellera pas ce que préconise le code de la route : rouler sur la voie la plus à droite, à moins d’aller plus vite que son prochain. C’est pas pour embêter, c’est du bon sens.
Emprunter la voie du milieu ne peut servir qu’à dépasser vos congénères de droite, tandis qu’on vous doublera par la gauche avec force clignotants, distance et autres marques de civisme dignes d’un citoyen exemplaire.
Mais si vous vous y traînez à moindre vitesse qu’un gars surgissant de l’arrière (et de la droite, car il sera, lui, dans son bon droit), le pauvre ne saura plus comment vous contourner, jouera du klaxon avec force admonestations, doigts d’honneur et autres marques d’autorité dignes d’un automobiliste qui mérite son permis.

 

Anecdotique ? La SANEF, qui chapeaute les autoroutes de France, a fait l’expérience. L’an dernier, elle s’est amusée à filmer 23 000 bagnoles par jour pendant une semaine entre Caen et Paris.
Résultat des courses : un tiers de khônnards s’assoient sur les règles de sécurité élémentaires, notamment l’utilisation des voies, ce qui entraîne 7 % des accidents mortels.

Et si vous avez la chance d’échapper à cette statistique, les rouleurs du milieu restent un fléau indirect. Avez-vous songé avec quelle irritation vous les doublez, dans quel état second vous vous rabattez (de droite à gauche donc, ce qui, à moins d’avoir du sang anglais in the veins, s’avère physiologiquement déstabilisant) et quelle dangereuse inattention vous guette pour le reste du trajet ?

 

De guerre lasse, vous pouvez toujours laisser le volant et rejoindre le flot des piétons. Vous constaterez qu’un mal similaire ronge ceux qui s’arrêtent en plein milieu du trottoir (généralement en cause, un jeu de grattage) ou dont la démarche et la trajectoire en monopolisent – c’est à peine croyable – toute la largeur.
Il ne vous restera plus qu’à marcher au milieu de la route.

Merci de votre attention.