Cosmos

 

Face à l’immensité du cosmos, le prononcer au choix « caussemausse » (en signe de déférence), « cossemosse » (à la Hubert Reeves), « cossemausse » ou « caussemosse » (si l’on n’est pas sûr). Ou encore « Cosmo’s factory » si l’on suit la palpitante enquête de notre ami Bob.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Pas plus vieux que le cosmos. Et pour cause ! Il est donc assez fendard de constater qu’il n’acquiert ses lettres de noblesse qu’en 1847. Désignant alors l’« univers », le cosmos devient l’« espace intersidéral » juste avant la conquête de la Lune.
Chipotage quand tu nous tiens : quelle différence entre l’univers et l’espace, je vous le demande.
Pire encore, entre espace et espace intersidéral qui ne signifie rien d’autre qu’« entre les astres » hein grmbll.

 

Le grec – car c’était lui – a mis au point non seulement kosmos pour dire « bon ordre, arrangement ordonné, monde, univers » mais aussi le verbe kosmein (« ordonner » [une armée]).

Cette idée d’« ordre » a prévalu jusqu’à parer kosmos du sens de « parure, ornement ».

Mais alors, y a-t-il un rapport, comme vous n’osez le croire depuis le début, avec cosmétique ? Aaabsolument. Le fait que kosmêtês (« ordonnateur, arrangeur ») devienne à Rome l’« esclave chargé de la parure, du maquillage » n’est pas le moins du monde tiré par les cheveux, mes neveux.

 

A propos, citons les cousins de cosmos : Microcosmos version bousier, Mikrokosmos version Bartók, microcosme version francisée, macrocosme version snob.

Sans oublier le cosmopolite « citoyen du monde ».

 

Quant aux conseils beauté du dernier Cosmo, filles du sexe féminin, permettez-nous de lever les yeux au ciel.

Merci de votre attention.

 

Coton

 

Oh mais ne sont-ils pas relativement rares les mots pouvant prétendre au statut de nom et d’adjectif ? D’ailleurs, à chaque fois que ça se produit, on est bien en peine d’expliquer une telle polysémie : chouette ; rasoir ; maison ; vache
Attention donc : il se pourrait que cette étymo soit plus coton que prévu.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Cotun pousse déjà au XIIe siècle sur nos terres. Il faut pourtant attendre 1732 pour le voir s’exporter aux Stéites où il fera le bonheur de générations d’esclaves.
Les plus enclins à la tâche n’avaient-ils pas pour fière devise :

Cotonnier, on y reste ?

Remémorons-nous également ce vers de Leadbelly, déclamé par le grand Fogerty :

When them cotton balls get rotten
You can’t pick very much cotton.

Pourquoi faire compliqué, on se le demande ?

 

Coton dérive de l’arabe qutn, peut-être emprunté à l’égyptien, via le rital cotone (la route du coton partant des pays chauds pour traverser la Sicile).

Bien plus tard apparaît la rapicolante expression « filer un mauvais coton », qui dit exactement ce qu’elle veut dire. A utiliser aussi souvent que possible. Non mais vraiment hein.

Le vocable est d’ailleurs si plaisant qu’il donne lieu, sous diverses plumes, à « (se) cotoniser » (devenir mou comme du coton), cotonnerie (plantation ou fabrique de coton), voire cotonnette (étoffe bon marché).

Sans oublier, passé à la postérité (mais plus pour très longtemps vu l’émergence d’un pseudo-synonyme appelé « bâtonnet ouaté » non mais où va-co-t-on), le coton-tige, curieusement masculin quand tout portait à croire que la tige allait l’emporter. Coton était le plus fort…

 

Quant à l’adjectif équivalant à ardu, il est attesté en 1890. Et pourquoi ? Parce qu’il signifie « inextricable » comme… comme du… ? On ne peut rien vous cacher.

Merci de votre attention.