Lacet pété : quels enjeux, quelles réponses ?

 

Prélude à un jour sans, dit aussi « journée de merde », le lacet pété survient par définition toujours au pire moment : celui où vous enfilez trop prestement vos pompes avant de vous sauver.
Précisément, c’est parce que vous étiez à la bourre que le maudit cordon vient vous le rappeler. A l’instar d’un nœud coulant, on ne peut pas lutter contre le lacet qui pète.

Le phénomène est si sournois que vous n’avez pas de lacet de rechange. Plus exactement, il vous reste des moitiés de paires pêle-mêle, dont un premier examen permet de constater qu’elles ne sont pas de la bonne couleur, et un second pas de la bonne taille.

A cet instant, vos jurons, qui s’étaient enclenchés au tac ! fatal, arrosent les fabricants de lacets. Une fois pour toutes, cette engeance vit sur votre dos, et vous préférez encore marcher honteusement que de continuer à alimenter sa fortune grassouillette.

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Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en victime civilisée.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Vous pouvez faire fi de la gravité du drame et considérer qu’un moignon, après tout, n’a jamais tué personne. Comment font les vrais amputés ? Ils vont travailler tous les jours, comme les autres. Oui mais quelqu’un leur noue leurs lacets, à eux. Sérieux avantage.

 

♦  Elisez domicile au-dessus d’un cordonnier minute qui vous réparera l’outrage dans une joyeuse odeur de cire et de maroquin. Si vous êtes allergique, munissez-vous d’une pince à linge (dans le même bazar que votre nécessaire à lacets).

 

♦  Aller pieds nus ou en ballerines du jour au lendemain ? Vous devrez encore vous justifier sans répit. Mieux vaut exhiber les stigmates de la décapitation au grand jour et arborer, tel le bourreau de Danton, le bout de lacet qui a fait son temps.

 

♦  Dans l’urgence, rachetez n’importe quels souliers dans la première échoppe venue. Si vous mettez les pieds chez Petit Bateau, il se peut qu’ils ne respirent pas tout à fait comme avant. A la Poste, deux Colissimo à votre taille devraient faire l’affaire.

 

♦  Ou solution toute trouvée : mettre le lacet intact dans les trous de l’autre. Et le tour est joué !

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

« Multibraqué »

(Un bug inhabituel nous oblige à aligner le texte qui suit à l’extrême droite. D’avance pardon.)

Interrogé sur une histoire de joaillier proposant du calibre à ses agresseurs, le porte-parole d’une faction bleu marine avoue ne pas savoir comment il aurait réagi dans la même situation, rappelant que l’intéressé avait été « multibraqué ». A cette excuse servie sur un plateau, notre sang ne fait qu’un tour, comme celui de l’auteur des pruneaux.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Que le néologisme émane d’un membre de ce groupuscule familial du siècle dernier ne surprendra personne. Z’inventent des chiffres, ils peuvent bien inventer des mots.
Qu’il en dise long sur la pompe de celui qui le prononce, ça n’est pas le plus navrant. Une paire de multibaffes dans sa gueule suffirait à régler le problème.
Non, ce qui dans « multibraqué » met les poils au garde-à-vous, c’est sa saveur procédurière, ce goût chimique de statistique ne souffrant aucune discussion. Le « multibraqué » est aux « braqués » simples ce que le handicapé au macaron est aux automobilistes qui tournent comme des khôns.
C’est bien simple, on le jalouserait presque.
L’empathie qu’on pourrait éprouver pour le gars est symétriquement égale à notre aversion pour le multirécidiviste cher au jargon des Sceaux. Le sociopathe incurable et le poissard congénital, chacun à sa manière, attirent les zemmerdes.

Il en va de même d’ailleurs avec n’importe quel objet multifonctions, dont l’aura magique s’évanouit aussitôt les fonctions examinées dans le détail.

Mettons que votre appartement soit visité deux fois ou plus pendant votre absence. Déjà, estimez-vous heureux qu’on vous ait débarrassé de ces appareils merdiques une fois pour toutes. Mais surtout, faites jouer le « multicambriolage » auprès des assureurs. Que l’on soit pendu par les gonades s’ils ne vous ramènent pas aussitôt les voleurs menottes aux poignets.

Une équipe de Roms, probablement.

Merci de votre attention.