« J’ai testé pour vous »

 

Exceptionnellement, sortons du « 0% de nombril » qui rend ce blog si singulier avouez. Aujourd’hui, j’ai testé pour vous la formule « j’ai testé pour vous ».

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Afin de dissiper tout malentendu, pas question de moquer ici la chose testée, qui passionne généralement trois péquins. De la dernière version du dernier bidule de chez Truc (pour les mâles) aux mérites comparés du beurre de karité en milieu ridulé (pour les filles du sexe féminin) en passant par tel ou tel hôtel de la côte, peu importe.
Ça n’importe même pas du tout.
Pour être exact, l’intérêt de ce genre de tests confine au néant. Celui-là même où nous retournons illico après avoir gaspillé notre temps fait nos petites affaires.

C’est surtout ce « pour vous » qui frappe. Que le testeur teste, après tout, on ne lui en fera pas grief. Mais lui en est-on redevable ? Et au nom de quoi son expérience vaudrait-elle pour tous ses semblables ? Autant vous virer de la cabine d’essayage, enfiler des fringues « pour vous » et décréter qu’elles vous vont à ravir.

Y’a pas besoin de relire les grands penseurs : si tout est affaire de subjectivité, dire « j’ai testé pour vous », c’est s’ériger en détenteur du bon goût. Et en prescripteur de toute une communauté (les trois pelés de tout à l’heure donc). Pour le sujet, c’est se donner l’importance que n’a pas l’objet. On connaît des empereurs autoproclamés plus légitimes.

 

Quand le testeur publie ses pseudo-résultats dans son coin, encore, on peut le prendre en pitié.
Mais chez le critique, dont le métier consiste à livrer son verdict à grands coups de dithyrambes et de phrases à l’emporte-pièce ? Pour ne rien arranger, lui fait tout pour ne pas dire « je », ce serait trop voyant.

 

D’ailleurs c’est bien gentil mais si un deuxième larron « teste pour vous », lequel croire ?
Pour vous faire une meilleure idée (et ne pas rogntûdjû donner l’impression d’être d’accord avec le dernier qui a parlé), testez pour vous, déjà.

Merci de votre attention.