Off ze wall

 

Evoquant feu Michael Jackson, seul un Frenchie pourra dans la même phrase vanter son sens de la « sahôl » et du « moonwolke ».

Hii ! hiii !

se bornera-t-on à glousser en rajustant nos khôuilles.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Serions-nous à ce point pétris d’un sentiment de supériorité, et si fiers de notre langue, qu’il nous faille saccager celle des autres ? Même pas : les exemples d’automutilation affluent à telle allure que le temps nous manque pour les soigner. Bitant le patois quand ça lui chante, le zhexagonal moyen sabote a fortiori les mots étrangers avec une constance sans égale.

Et l’élocution à la française pour les zanglophones ? Autrement plus périlleuse, en théorie. Pourtant la réciprocité de ces atrocités (rich rhyme) n’est pas vraie du tout. Eux ne savent rien du circonflexe, et ne butent pas pour autant, en âmes bien nées, sur un « aim » trompeur. Et, alors même que march figure aussi dans leur dictionnaire, ils font bien mieux marcher leur cervelle et leurs muscles faciaux que nous, qui donnons du « tch » à smash. Les syndromes persistent ? Au flash, qu’il faut les soigner. (Pour pousser plus loin la rigolade, this way please).

 

Or donc, soul se prononce à peu près comme saule. Ça ne vous saoule pas, vous, tous ces « soûle » et autres « sahôl » caoutchouteux ? A pleurer.
Moins cependant que le traitement réservé à walk ainsi qu’à talk. Nos compatriotes, toujours à côté de leurs pompes, ne trouvent rien de mieux que de se planter devant des « tolke-shows », sans doute sous l’influence de folk (pas d’autre explication possible). Et le o long de rauque, ça leur écorcherait la gueule ? Avec une logique pareille, faudrait causer dans des « tolkies-wolkies » ; crédibilité zéro, même si ce faux frère de Robert entérine cet usage.
Vous gênez donc pas pour mélanger masculin et féminin à la manière délicieusement aléatoire d’une Jane Birkin depuis près d’une demi-siècle. Ça finira bien par entrer dans les mœurs.

 

Et dans l’hypothèse où vous croiseriez un Anglais talking avec l, méfiez-vous, c’est le fantôme de Gainsbourg avec un melon.

Merci de votre attention.