Dans quels moments éternuer (ou pas) ?

 

Vous vous prenez trop au sérieux. Heureusement, Dame Nature a tout prévu, qui se rappelle à vous au moment opportchééééééé.

Notez qu’il est tout à fait possible de retenir vos sphincters lorsqu’une envie se déclare ou suite à la meilleure de l’année. En revanche, une brusque variation du mercure et c’est l’éternuement irrépressible (pour les détails techniques, se reporter ici).

 

Dans certaines circonstances, ceci peut s’avérer gênant. Voire tout gâcher, notamment si les éclaboussures ne rencontrent pas de résistance. Humiliation dont il s’agit de vous prémunir.

A l’inverse, forcer le destin et le courant d’air peut parfois vous tirer d’un mauvais pas.

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en éternueur civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Si, au moment de vous dire « oui » pour la vie, il n’y a que « ratatzu » qui vous vient et qu’en fait d’alliances, vous vous échangez des Kleenex, préférez les murs moins épais de la mairie ou du notaire.

 

♦  Cueilli(e) à froid par l’air un peu vif au sortir du module lunaire, vous risquez fort d’en rester à « thaT’SSSS ! » pour la phrase historique. Une combinaison thermo-ambiante et à vous la postérité.

 

♦  On vous filme en gros plan massacrant entonnant un hymne à même la pelouse gelée. Deux cas de figure : soit vous êtes la diva et à charge pour votre fidèle second de vous maintenir l’index sous le nez (car avec votre coffre, le banc de touche serait trempé), soit vous faites partie des joueurs et le chœur vous couvre de toute façon.

 

♦  Fraîchement élu(e) à la tête de la première puissance, lors de votre serment sur la Bible, arrangez-vous pour évacuer d’un « tchoummmmm » la bondieuserie finale, qui n’est pas obligatoire.

 

♦  Vous vous apprêtez à déclencher le feu nucléaire. Profitez de la caillure du bunker pour partir d’une petite crise de sternutation, histoire de repenser à tout ça à tête reposée.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Kleenex collector

 

C’est bien ce qui vous semblait : ils ont quelque chose de différent. Couleurs printanières, motifs plus chatoyants que d’habitude. C’est à cause de la mention :

Edition limitée.

Sur des mouchoirs. Aurait-on franchi un cap ?

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Faut-il que le marché du Kleenex ressemble à une morne plaine pour se fendre de trompe-l’œil de ce genre.
Certes, la mission du pubeux moyen consiste à créer un vocabulaire (« marque leader ») et des besoins factices, pour le moins. Mais ici, quelle mouche l’a piqué ? Y avait-il nécessité impérieuse de lancer une « série » de paquets, appelée à disparaître rapidos si l’on en croit l’intitulé ? Vous iriez vous ruer dessus, sous prétexte d’« édition limitée » ? Encore moins maintenant que l’hiver est passé et le pic de consommation avec lui, allons allons, tsk tsk.

 

Evidemment, malgré ces temporaires apprêts, ce sont bien vos bons vieux mouchoirs. D’ailleurs, vous en êtes content, au point de ne jamais leur faire d’infidélités. Sauf rupture de stock, synonyme de dépit à l’idée de devoir confier jusqu’à une date ultérieure vos épanchements à des mouchoirs de merde, moins agréables au toucher, à l’odeur et, pour tout dire, sujets à déchirures voire piteuses trouées.

 

Résumons-nous : le « collector » qu’on essaye pour le coup de vous fourguer n’a rien à voir avec une « édition limitée ». On est même aux antipodes de l’émotion pouvant étreindre le philatéliste à la vue de nouveaux timbres sur le thème des légumes ou l’automobiliste au volant d’un modèle dont la production s’arrêterait quasiment après lui. Limité prend alors tout son sens.
Mais là, vos mouchoirs, vous les jetez, à l’instar de leur emballage qui plus est ; contenant et contenu sont conçus pour ça.

 

« What the fuck ? », voilà comment nos pubeux se feraient moucher par un anglophone malpoli (ce qui n’est pas incompatible).

Merci de votre attention.