Un petit pet pour l’homme

 

Nous pouvons fissurer l’atome, fouler la lune, électrifier une voiture, lui faire faire un créneau toute seule et bientôt nous téléporter avec une appli quelconque. A quand le recyclage du pet ?

Mais revenons à nos moutons, moutons.

N’oublions pas qu’il remonte à la nuit des temps, bien avant le langage, le feu ou le premier cassoulet. On ne fait pas plus antique que le pet. Aussi loin qu’il y eut un fion, le pet suivait.
Pourtant, personne à ce jour n’a vraiment cherché à l’apprivoiser.
Tout juste a-t-on mis au point des parades : rétention, discrétion travaillée (technique du « soufflé »), dire pardon… Rien qui évite la gêne pour soi comme pour autrui.

 

D’ailleurs, les scientifiques ne planchent même pas sur le sujet, comme s’il était tabou. Alors qu’entre nous, est-ce si insurmontable d’emprisonner un gaz, a fortiori nocif comme le méthane des vaches ? Un crime environnemental sur lequel tout le monde ferme les yeux et les narines. Nous sommes en train de tout foirer, avec nos inconséquences.

 

A notre décharge, le pet est extrêmement volatil. Nous l’avons tous constaté, notamment en ascenseur. Mais le nœud du problème, c’est qu’il sent, et pas toujours la rose. A hauteur de 1% des gaz expulsés, certes, mais il schlingue que c’en est une infection.

 

Certains font déjà commerce de désodorisants, qui à la fraise, qui au chocolat… Quel est l’intérêt d’un pet qui sent le chocolat ?

Soyons sérieux. A raison d’1/2 L en moyenne de ruines lâchées quotidiennement, ne vaut-ce pas le coup de convertir cette énergie en carburant ? Sur le principe du filtre à particules, une poche à pet personnelle appliquée au popotin permettrait de péter en préservant les générations futures ainsi que l’entourage immédiat.

 

Chercheurs, à vos postes. Il ne tient qu’à vous que tout ne nous pète pas à la gueule.

Merci de votre attention.

 

Petits durs à pédales

 

Il suffit d’un crâneur pour lancer une mode. Surtout si celle-ci consiste à mettre publiquement sa quéquette en avant. Ainsi le jeune cycliste mâle a-t-il coutume de cabrer son vélo dans sa course en signe de virilité.
Le gorille se cogne le torse, le paon fait la roue, le petit dur lève la sienne.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Ce n’est pas que ce comportement soit typiquement masculin. Il l’est exclusivement. Observez les pavements alentour : aucune congénère ne s’annonce à la cantonade bicyclette en rut. Sans vouloir verser dans le freudien de pacotille, force est de constater qu’il y a du phallique là-dessous*.

 

Ces raids mono-roue font frémir d’un bout à l’autre. Au-delà du taux de gadins qu’ils entraînent (tenu secret par la population concernée car ça n’arrange pas ses affaires), ils n’épatent même pas les petits copains. A plus forte raison les petites copines, dont l’intérêt avoisine celui d’un troupeau d’Aubrac au passage d’un train.

Pourquoi cette fuite en avant ? Le petit dur a-t-il seulement songé à explorer les possibilités de sa roue arrière ? Evidemment non : ce n’est pas de ce côté qu’il escompte attirer l’attention. CQFD.

Vitnage-Bikes-Set

Sociologie à deux roues, suite : le petit dur hébergera une fille du sexe féminin sur le guidon seulement. Alors qu’en se trouvant dans son dos, elle sera non seulement plus confortablement installée mais à portée de nichons qui plus est. Mectons, faut vraiment tout vous dire.

Plus inquiétant : on voit souvent des filles du sexe féminin gloussant par paires comme un seul homme. Là encore, le partage de la selle augmenterait la visibilité d’environ 100% et réduirait d’autant les risques de se viander atrocement.

Braver la mort est plus épanouissant à plusieurs. Et quel gage d’indéfectible amitié offert au reste du trafic.

 

D’ailleurs, un petit dur ne combinera jamais les deux prouesses : à ça du sol, sa conquête serait éjectée du cadre.
On ne mélange pas quéquette et amitié. CQFD.

Merci de votre attention.

 

* Falik Latçu, célèbre chanteur berbère à qui l’on doit Merguez de ma vie.

 

Vachement

 

Vous pensiez vache sacré ? A l’abri de la désuétude ? Vingt contre un que l’épithète et son excroissance vachement auront bientôt rejoint la cohorte des fichtrement, diantrement et autres bigrement has-been.

Mais revenons à nos vaches, moutons.

Vache est particulièrement prisé de l’argot dès le début du siècle dernier (« Mort aux vaches ! » adressé à la flicaille, « Ah les vaches ! » à des salauds lambda ; quant à « l’amour vache », on s’y rend coup pour coup). Connotation étonnamment belliqueuse quand on connaît le caractère du coolos animal. Le seul de son règne, d’ailleurs, à avoir mis bas un tel adverbe. Et glouton-gloutonnement ? Ta-ta-ta, le morfal sur pattes fut ainsi baptisé du fait de sa gloutonnerie.

Ce sens péjoratif a permis, en 1906, l’éclosion de vachement (« d’une manière méchante »). Après-guerre, retournés comme une crêpe, adjectif et adverbe deviennent des superlatifs familiers. De l’interjection admirative ou incrédule :

La vache ! (= Bigre !),

nous sommes passés à :

Vachement beau comme coin !

ou, par locution :

Un vache de beau coin.

Il arrive que d’aucuns, d’humeur guillerette, y aillent de leur « vachtement ». Les linguistes assermentés qualifieront la chose par un mot vachement savant dont ils ont le secret.

 

Voyez-vous ça, bien avant de voyager via le latin vacca, notre vache viendrait d’une antique langue indienne, le védique, où vaçati signifie « mugir ». Véridique ! C’est Littré qui le dit. Et vu que nous avons formé mugir (de l’ancien français « muir ») sur le meuh de la vache, qui nous dit que les verts pâturages d’Inde ne retentissaient pas de « wazaaaaa » ?

De même, si le grognement du cochon (« groink ») semble tout indiqué, on est bien embêté pour désigner le cri du cochon d’Inde. Le malaise grandit encore dans le cas de la dinde d’Inde. Laquelle, loin de glouglouter comme nos ressortissantes à jabot, s’épuise en « booollywood ! booollywoooood ! » qui ne laissent pas d’intriguer la communauté scientifique.

Merci de votre attention.