Comment aider la tête de khôn qui jette tout à côté ?

 

Elle s’arrange toujours pour sévir quand vous avez le dos tourné. Pour une fois, dès qu’elle fait mine de laisser ses immondices par terre à un mètre de la poubelle, prenez votre tête de khôn favorite en flagrant délit.

Au bénéfice du doute, elle n’a pas les yeux en face des trous. Un dernier scrupule peut alors vous pousser à la prendre en pitié. N’oubliez pas qu’à l’instar de Miss France, tête de khôn, c’est 24 heures sur 24. Le supplice doit être terrible.

 

Cependant, ne perdez pas votre temps à lui faire la morale en évoquant dame Nature ou le savoir-vivre le plus élémentaire. Ne lui trouvez pas non plus de circonstances atténuantes du type tendance provocatrice ou phobie des poubelles.

Restez d’un calme olympien et tout ira bien.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en écolo civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Le plus simple serait déjà de rapprocher en un éclair la poubelle d’un mètre. Ou, car elle devait sûrement déborder, d’en déverser le contenu aux pieds de la tête de khôn façon lisier d’agriculteurs en colère.

 

♦  Quoi qu’elle ait laissé choir (blister de paquet de cigarettes, blister de paquet de clopes, blister de paquet de cibiches, au hasard), ramassez-le et remettez-le-lui dans sa poche. Ce sera toujours plus propre respectueux qu’à même le sol.

♦  Il ne suffit pas d’imaginer en faire autant chez elle : faites-vous inviter chez votre tête de khôn et transformez sa cambuse en dépotoir. Joignez l’utile à l’agréable en faisant vos besoins au milieu du salon.

 

♦  Puisque par terre est considéré comme poubelle, emmenez la tête de khôn en mer et observez ses réactions. Il y a de fortes chances que ses détritus volent par-dessus bord, faute de poubelle cette fois. Prenez les mesures qui s’imposent et faites-lui suivre le même chemin.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

Vaisselle

 

Vérité enfouie dans les restes de sauce : vaisselle, féminin de vaisseau ? Ça expliquerait le coup de l’eau. Et de la guerre perpétuelle.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Est considéré comme vaisselle

l’ensemble des récipients, des plats, des assiettes et des ustensiles divers servant à la présentation et à la consommation des aliments sur la table.

Le cendrier n’en fait donc pas partie, sauf à offrir de la cendre froide à l’apéro.

Par « faire la vaisselle » (car tout est là), on entend bien sûr la laver. D’ailleurs, on ne dit pas du lave-vaisselle qu’il « fait la vaisselle ». Ce que l’être humain perd en temps dignité, la machine le gagne en noblesse.

 

C’est dans les eaux de 1140 que veissele, vesselle, vaissele, vaysselle et vaycelle nous sont fournies par le latin vascella, pluriel de vascellum, on vous le donne en mille, « vaisseau ». L’hérédité saute encore aux yeux dans vasculaire, « relatif aux vaisseaux » et, tsac, vasectomie, « section des vaisseaux ». Mais aussi dans vase et vasque, dont la ressemblance est frappante avec son confrère l’évier il faut bien le dire.

Dans les temps zanciens, un vaisseau servait d’« urne cinéraire, sarcophage », autrement dit de récipient, vascellum dérivant de vasculum, lui-même diminutif de vas, « vase, pot, équipement des soldats ».
D’où le vaisseau royal (né vaissel) défendant la patrie en mer, puis le vaisseau spatial (né Spoutnik) défendant la patrie contre les extra-terrestres.

 

Quant à nos récipients perso vessie et vésicule, ils ne sont qu’à un jet de pipi de vaisselle. Vous bilez pas, c’est la nature qui veut ça.

 

Pour finir, vous pouvez vérifier, l’emballage du liquide vaisselle recommande de ne pas mettre le liquide dans les yeux mais bien directement dans la vaisselle. On n’est jamais trop prudent.

Merci de votre attention.