L’angoisse de la page blanche

 

Dans les milieux autorisés, on ne redoute rien tant que l’angoisse de la page blanche. Bloquer à l’idée de bloquer ? Morsure, queue, serpent, remettez le tout dans l’ordre, ça vous occupera.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Par quelque bout qu’on la prenne, cette obnubilation n’a pas lieu d’être.

« Redouter une angoisse » relève déjà de l’hypocondrie carabinée, tout comme « l’envie d’avoir envie » et autres camaïeus zimprobables.
« Avoir » l’angoisse de la page blanche suffit amplement.

 

Et encore, à condition d’être soi-même une page blanche ; de même que l’angoisse du poisson rouge ne taraude que le poisson rouge. Vu la teneur des messages, inessentiels pour l’essentiel, qu’on lui destine, à vous de rassurer l’angoissée comme vous pouvez.

 

Maintenant, si c’est la « blancheur » de la page qui vous mine, libre à vous d’opter pour une page verte, abricot, arc-en-ciel, noire fluo… A défaut de sujets, ce ne sont pas les couleurs qui manquent.

 

A moins que par « page blanche » vous n’entendiez « page vierge » ? Dans ce cas, à supposer même que l’inspiration revienne, vous ne baverez rien qui n’ait déjà été dit. Rassurez-vous, depuis que les pages blanches existent, on y décline les mêmes thèmes à l’infini. Ce seul constat vous donnera l’opportunité d’en remplir une pleine, de page.

 

Et quand bien même ! Etre à sec et s’entêter à rendre de la bile, c’est refuser que les dieux de la reconversion vous tiennent le front.
Ultime recours, le jouli dessin. En attendant le retour de la muse, laissez-vous aller à l’abstraction, dans le style des figures géométriques trouant le papier de leur propre chef pendant que vous êtes au téléphone.

Merci de votre attention.

 

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François Rollin

 

Vous l’avez entendu comme moi, le mot génie vient d’être évoqué. Ceux qui connaissent leur François Rollin sur le bout des doigts savent qu’à son sujet, ce n’est pas exagéré. A l’intention des autres, l’hommage fera office de séance de rattrapage (et épongera ne serait-ce qu’un tantinet l’immense dette que son influence fait peser sur ce blog).

 

Rappelons que le drôle aura réussi le tour de force de se forger un double, le professeur Rollin, propulsé dans la série Palace (vous avez dit « génie » ?) avant de décliner ses interventions sur scène et en pastilles filmées (Le professeur Rollin a encore quelque chose à dire). Pour situer dans quels retranchements il pousse l’absurde, écoutons-le expliquer comment retenir un code de carte bancaire, comparer la longueur des noms et adresses ou refuser de donner à un habitant de Dax la définition exacte de Dax.

 

François Rollin fait feu de tout bois. Et sur tous les supports : planches (Colères), ondes (de la Maison de la Radio à Radio Nova, le tout redécouvrable à l’envi par la grâce de YouTube) et bien sûr, papier. Ne citons que Les grands mots du professeur Rollin (dont libations, synonyme de pipi-culotte) ou les Rollinettes, couchées quasiment en une nuit et dont les amateurs de fulgurances se repaîtront ici même :

Tous les trompettistes adorent la pizza, sauf certains.

Quand il n’est pas occupé à faire l’acteur, mettre en scène, co-inventer Les Guignols de l’info ou pondre les textes de la cérémonie d’ouverture des J.O. d’Albertville, bien sûr. Même son site Internet peine à suivre.

 

Langue inattaquable, non-sens imperturbable : François Rollin est un enfant avec l’érudition d’un adulte. Le moindre de ses pas de côté est un pied de nez aux modes et aux courants d’air humoristiques. On aimerait avoir eu (et trituré) chacune de ses idées avant lui. Si c’est pas la définition du génie, ça.

 

La nouvelle année approchant dangereusement et un petit « conte » valant mieux qu’un long discours, faisons d’une pierre deux coups et roulons-nous par terre devant cet historique des fêtes du Nouvel An, automatiquement traduit de l’allemand par la magie du Web (texte intégral) :

Merci professeur Rollin. Joyeuse Silvesterparty.