Pare-pub

 

A l’échelle d’une vie, la probabilité qu’on vienne vous glisser un prospectus sur le pare-brise est loin d’être nulle. Et ce n’est pas le sans-gêne qui étouffe les coupables, non non non.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Le principe est connu : inonder subrepticement qui le quartier qui le parking d’écorce d’arbre transformée en pâte à papier transformée en information inutile.
De fait, avez-vous jamais consenti à un seul de ces viols d’essuie-glace ? Cette manif douteuse, cette soirée interlope, cette deuxième pizza offerte pour une achetée n’ont aucune chance de vous séduire, pour la simple raison que de quoi j’me mêle.

Vous vous faites l’avocat du diable : alpaguer le passant dans la rue avec un tract revient au même. Pardon, c’est fort différent.
On revoit l’action au ralenti.
Après être tombé nez à nez avec le papelard une fois votre ceinture bouclée, vous voilà contraint de ressortir de l’habitacle, de faire le tour pour le retirer puis de le chiffonner rageusement en direction du vide-poches. Le tout en jurant comme un charretier – à juste titre.

(Passons sur l’éventuel arrêt cardiaque dû à la confusion visuelle avec un PV).

C’est comme si le gonze battant pavé vous fourrait sa retape dans les mains sans vous demander votre avis. Y’aurait des têtes au carré qui se perdraient.

 

Il arrive même que des khônnards en bande organisée, défavorablement connus des services de police (comme disent les services de police), connus des services de police (comme disent les autres en français), profitent de la manœuvre pour chouraver le véhicule sous les yeux du conducteur. Lequel n’a plus alors que ceux-ci pour pleurer.
Ainsi qu’une quatre fromages en rab dans le meilleur des cas.

 

Pour éviter ces désagréments, une solution, légèrement contraignante, consisterait à enlever vos essuie-glace et à les remonter à chaque fois que vous prenez le volant.
Ou à y disposer des pièges à souris.
Ou des « non à la pub » similaires à celui de votre boîte aux lettres.

 

Les pare-brise de la République doivent rester des sanctuaires.

Merci de votre attention.