La fonction Snooze

 

Présente sur tous les réveille-matin, la fonction Snooze nous permet de réviser le pluriel de « réveille-matin », ce qui n’arrive pas toutes les 9 minutes.

Mais recomptons nos moutons, moutons.

Que stipule la notice ?

Appuyez sur SNOOZE. L’alarme s’arrête et se déclenchera à nouveau 9 minutes plus tard.

On n’invente rien, c’est écrit en toutes lettres, y’a qu’à se baisser, c’est à peine croyable.

Révisons. Si l’on en croit la VO (« roupiller, faire la sieste »), to snooze est plus proche de la somnolence que du sommeil profond.
La fonction du même nom se matérialise par un bouton plus gros que les autres, histoire d’optimiser les tâtonnements à potron-minet.

 

Ceux qui se targuent de vous sortir du pieu partent donc du principe que vous êtes une grosse feignasse. Et que l’heure à laquelle vous avez mis le réveil est nulle et non avenue puisque la fonction Snooze vous laisse une marge de n x 9 minutes. Pas 8, pas 10. Etudes physiologiques à l’appui ? Nous sommes sûrement programmés pour nous hhhhrrrrmgnmgnmgnrendormir dans ce laps fatidique.

 

Infernal ! Comme s’il ne suffisait point qu’une alarme de tous les diables nous arrachât des bras de Morphée, le méfait se perpètre à intervalles réguliers avec notre consentement. De la moutonnerie à l’état pur ou on ne s’y connaît plus.

 

C’est surtout l’échec du concept même de réveil. Lequel ne parvient plus à vous sortir du lit d’un seul coup. Les fabricants y intègrent donc de quoi prolonger votre nuit et flatter vos bas instincts.

 

Mais pourquoi s’embarrasser d’un réveil qui autorise à pioncer de plus belle ? Mieux vaut se lever avec les poules, comme au bon vieux temps.
Non sans avoir trucidé le coq.

Merci de votre attention.

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Comment réussir son réveil ?

 

Quel déchirement de devoir quitter le royaume des songes pour la torpeur du grand bain quotidien. Ouvrir l’œil n’est pas un acte anodin, foutre non. Et on ne parle pas ici des superstitions débi… superstitions du type « se lever du pied gauche », qui ne relèvent déjà plus du réveil proprement dit.

Lequel ne saurait être provoqué par votre portable hein. Et pourquoi pas téléphoner avec un radioréveil ? Seul ce dernier fera sursauter les morts, via un nûûût-nûûût de catastrophe nucléaire ou une musique infecte dont une bribe suffit à se demander dans quel esprit malade elle a pu germer. Quand ce ne sont pas des commentaires alignés en tintamarre ou une pub assourdiss… une pub. Alors que vous aviez, la veille au soir, pris la peine de choyer la molette de volume. Ingratitude légendaire des machines.

Un simple réglage sur une station plus tranquille éviterait-il ces déboires matutinaux ? Tout est histoire de dosage. Un réveil trop agréable incitera paradoxalement à rester au plumard. Après de longs mmmmm zétirements, vous vous loverez pt-pt-pt de plus belle dans la couette au son d’un doux refrain qui mettra en péril le reste d’une journée chargée. Malgré les apparences, tout sauf un réveil réussi.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en somnolent civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Rédigez une lettre de menace à l’attention du programmateur de la radio en cause. Si une chanson normale ne retentit pas tous les jours à l’heure dite, promettez-lui une aubade sous ses fenêtres chaque dimanche dès potron-minet avec le concours de la fanfare municipale.

 

♦  Réglez votre conjoint (à défaut, votre lévrier afghan ou tout autre animal de compagnie) sur une mélodie de votre choix. Attention : veillez à ce qu’il possède à la fois une horloge interne impeccable, le sommeil léger (puisqu’il sera réveillé avant vous) et l’oreille absolue. De vous à moi, dans le cas du lévrier afghan, faudra se lever tôt – sans mauvais jeu de mots.

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♦  Optez pour le télétravail. Ou plus précisément le couchétravail : tous vos outils professionnels à portée de main dans le périmètre de l’alcôve. Finis les levers à reculons et les petits matins blêmes !

 

♦  Enfin c’est vrai, sauf accident de parcours, Dame Nature vous a doté de cinq sens. Pourquoi vous tirer des bras de Morphée uniquement par l’ouïe ? Certes, titiller des yeux clos dans l’obscurité n’aura pas grand intérêt. Mais, sans aller jusqu’au seau d’eau, un bon petit tapotis exécuté par un bras électronique ou une discrète odeur de caoua fumant libérée à sept heures pétantes vous mettront en condition aussi sûrement que le parasitage sonore cité plus haut.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.