L’angoisse de la page blanche

 

Dans les milieux autorisés, on ne redoute rien tant que l’angoisse de la page blanche. Bloquer à l’idée de bloquer ? Morsure, queue, serpent, remettez le tout dans l’ordre, ça vous occupera.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Par quelque bout qu’on la prenne, cette obnubilation n’a pas lieu d’être.

« Redouter une angoisse » relève déjà de l’hypocondrie carabinée, tout comme « l’envie d’avoir envie » et autres camaïeus zimprobables.
« Avoir » l’angoisse de la page blanche suffit amplement.

 

Et encore, à condition d’être soi-même une page blanche ; de même que l’angoisse du poisson rouge ne taraude que le poisson rouge. Vu la teneur des messages, inessentiels pour l’essentiel, qu’on lui destine, à vous de rassurer l’angoissée comme vous pouvez.

 

Maintenant, si c’est la « blancheur » de la page qui vous mine, libre à vous d’opter pour une page verte, abricot, arc-en-ciel, noire fluo… A défaut de sujets, ce ne sont pas les couleurs qui manquent.

 

A moins que par « page blanche » vous n’entendiez « page vierge » ? Dans ce cas, à supposer même que l’inspiration revienne, vous ne baverez rien qui n’ait déjà été dit. Rassurez-vous, depuis que les pages blanches existent, on y décline les mêmes thèmes à l’infini. Ce seul constat vous donnera l’opportunité d’en remplir une pleine, de page.

 

Et quand bien même ! Etre à sec et s’entêter à rendre de la bile, c’est refuser que les dieux de la reconversion vous tiennent le front.
Ultime recours, le jouli dessin. En attendant le retour de la muse, laissez-vous aller à l’abstraction, dans le style des figures géométriques trouant le papier de leur propre chef pendant que vous êtes au téléphone.

Merci de votre attention.

 

Comment se passer de bouteilles pour transporter du liquide ?

 

S’ils réfléchissaient un brin, les fabricants de bouteilles se mettraient en grève tous les matins. Et obtiendraient gain de cause, attendu qu’ils tiennent le monde par les khôuilles (y’a pas d’autres mots ; s’il y en a, ils sont nettement moins forts).

A l’échelle de la planète, en ce moment même, vous représentez-vous la quantité de clapotis divers et variés ? De creux de la main en creux de la main, les ancêtres n’avaient guère d’autre choix que de l’inventer, cette bouteille. Pour le plus grand bonheur de la scientifique dont le taux d’élucidation passa du simple au milluple, rapport aux empreintes et à l’adéhène dont elle devint toute poisseuse.

En sus, vous comme moi sommes constitués à 65% de flotte, qu’il faut bien reconstituer en s’hydratant jusqu’à plus soif. D’où l’intérêt d’acheminer le liquide idoine afin de l’avoir toujours à portée de main ; question de vie ou de mort.

bouteille2

Or donc, en prévision du grand soulèvement des bouteilliers le jour où ils prendront conscience de leur pouvoir, quelle attitude adopter ?
Réagissez en buveur civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Pour commencer, tout dépend du liquide dont on parle. Certains parviennent à s’en refiler des valises pleines sans déperdition – à condition que celles-ci soient hermétiquement closes.

 

♦  Autre solution en apparence tout indiquée : la brique. Attention, au premier sprotch de coulis de tomates, seule la pratique de l’origami au niveau mondial vous permettra de replier le carton en vous préservant de répliques dévastatrices.

 

♦  A l’instar des poubelles de différentes couleurs pour trier les déchets, les robinets thématiques combleront toute la famille. Evitez cependant le saint-émilion chaud.

 

♦  Depuis la Rome antique, l’aqueduc a fait ses preuves. Le chantier des saint-émilionducs peut donc débuter, à condition qu’il soit couvert car le noble breuvage supporte mal de voyager à l’air libre.

 

♦  Vous faire livrer par pipeline ? Certes, le panorama en pâtira mais plus jamais ne vous pèterez-vous les doigts (et parfois l’emballage) en remontant vos packs.

 

♦  Et l’humidificateur personnel ? Songez aux litres de sueur recyclés à l’infini, directement du producteur au consommateur !
Qu’un candidat au concours Lépine le fasse breveter avant la prochaine canicule et sa fortune est faite.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Fulgurance #21

1 L de transpiration. C’est en moyenne ce que notre corps produit quotidiennement.
C’est aussi la quantité d’eau qu’il réclame dans le même temps.
Et hop ! Problème de la soif dans le monde résolu : recyclons la sueur.