Comment jouer Mistral Gagnant à la flûte de Pan ?

 

Y’a pas à dire, votre groupe folklorique égaye le quartier. Il y a Gégé à la vente de disques, Mumu aux broderies traditionnelles, Riton à la flûte de Pan, Gwenaël à la flûte de Pan, le Ben à la flûte de Pan et vous-même à la flûte de Pan basse.

 

Mais les temps sont durs et le public de plus en plus exigeant. L’exotisme de pacotille ne lui suffit plus, il veut du local. Du qui tienne au ventre, par-dessus le marché.

Aussi avez-vous choisi pour charmer l’autochtone d’interpréter Mistral Gagnant, ce classique parmi les classiques.
Avec celle-là au moins, le passant en aura pour son argent. Et vous en verrez enfin la couleur.

 

Encore faudrait-il qu’il la reconnaisse. Car moins que le talent, c’est surtout le piano qui vous fait défaut.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en expat’ du quartier civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Aucune réduction pour flûte de Pan connue ? Proposez la vôtre, ce ne sera jamais pire que le tissu d’à-peu-près de la partition pour piano, que vous jetterez au feu en invoquant les mânes du Machu Picchu.

 

♦  Reliez à chaque tuyau un système de marteaux et de cordes habilement dissimulé sous un grand couvercle à pédales. C’est bien le diable si en soufflant tous ensemble, il n’en sort pas une mélodie ressemblant à s’y méprendre à l’original.

 

♦  Exécutez la danse du Séchan. En si mineur, il y a une petite chance que l’Esprit vienne vous visiter par inadvertance.

 

♦  Demandez à Mumu de tendre une toile en alpaga véritable, derrière laquelle Gégé passera en douce la version de Renaud.

♦  S’il s’avère que vous avez encore mouillé votre poncho pour des caramboles, asseyez-vous sur un banc cinq minutes et repensez-y à tête reposée.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.