Comment aider la tête de khôn qui jette tout à côté ?

 

Elle s’arrange toujours pour sévir quand vous avez le dos tourné. Pour une fois, dès qu’elle fait mine de laisser ses immondices par terre à un mètre de la poubelle, prenez votre tête de khôn favorite en flagrant délit.

Au bénéfice du doute, elle n’a pas les yeux en face des trous. Un dernier scrupule peut alors vous pousser à la prendre en pitié. N’oubliez pas qu’à l’instar de Miss France, tête de khôn, c’est 24 heures sur 24. Le supplice doit être terrible.

 

Cependant, ne perdez pas votre temps à lui faire la morale en évoquant dame Nature ou le savoir-vivre le plus élémentaire. Ne lui trouvez pas non plus de circonstances atténuantes du type tendance provocatrice ou phobie des poubelles.

Restez d’un calme olympien et tout ira bien.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en écolo civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Le plus simple serait déjà de rapprocher en un éclair la poubelle d’un mètre. Ou, car elle devait sûrement déborder, d’en déverser le contenu aux pieds de la tête de khôn façon lisier d’agriculteurs en colère.

 

♦  Quoi qu’elle ait laissé choir (blister de paquet de cigarettes, blister de paquet de clopes, blister de paquet de cibiches, au hasard), ramassez-le et remettez-le-lui dans sa poche. Ce sera toujours plus propre respectueux qu’à même le sol.

♦  Il ne suffit pas d’imaginer en faire autant chez elle : faites-vous inviter chez votre tête de khôn et transformez sa cambuse en dépotoir. Joignez l’utile à l’agréable en faisant vos besoins au milieu du salon.

 

♦  Puisque par terre est considéré comme poubelle, emmenez la tête de khôn en mer et observez ses réactions. Il y a de fortes chances que ses détritus volent par-dessus bord, faute de poubelle cette fois. Prenez les mesures qui s’imposent et faites-lui suivre le même chemin.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

Pourquoi assurer le gros du déménagement lorsqu’autrui n’en fout pas une rame ?

 

Tout le monde est habillé en sale. Comme endimanché mais dans l’autre sens, d’ailleurs c’est samedi. Les coreligionnaires ainsi accoutrés se révèlent parfois sous un jour inattendu, notamment lui là, que vous ne voyiez pas si costaud, sans parler de la petite voisine qui jusque-là ne payait pas de mine.

Le temps de maudire sur dix-neuf générations les dégonflés de dernière minute et vos manches se retroussent toutes seules. Vous partez à l’assaut de l’encombrant comme du fragile, confiant dans la bonne volonté des personnes présentes. Qui toutes, a priori, ont signé pour en chier.

Sauf qu’indépendamment du degré de préparation de la manœuvre, vous êtes tombé dans ce qu’il est convenu d’appeler un déménagement de merde. A savoir que la suée royale qui vous brouille la vue est inversement proportionnelle au foulage de rate des autres. Même le grand costaud ne vous est d’aucun secours.
Redoubler d’efforts n’arrange rien : on vous regarde faire, muet d’admiration dans le meilleur des cas, dans une loquace indifférence le plus souvent.

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Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en bénévole civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Glissez-vous discrètement dans le frigo. En votre absence, une paire de tire-au-flanc finira bien par se couper les doigts à votre place. Leurs ahanements tout proches vous feront savourer votre vengeance comme un plat qui se mange de la même froidure que celle, résiduelle, de l’habitacle.

♦  Personne fors vous-même n’a encore soulevé un traître carton ? Repérez celui marqué SALLE DE BAIN, confiez-le à un membre de la cantonade qui le videra spécialement en vue de la bonne douche que vous allez vous offrir. Après quoi il réempaquètera soigneusement le nécessaire de toilette ayant à peine servi. La feignasse aura fini par se rendre utile et vous vous sentirez ragaillardi à double titre.

♦  Quoique sans limite, la force d’inertie n’incommode jamais ceux qui en font montre. A l’instar du judoka, retournez cette force à votre avantage. Placez deux ou trois individus bien à plat pour caler le chargement, au lieu des couvertures et sangles habituelles. Sinon pissage de sang, du moins estafilade, ces dernières vous auraient de toute façon cherché noise, compromettant gravement la suite des opérations puisque c’est vous qui vous tapiez tout depuis le début.
Dans la foulée, accroupissez-en un au hasard, chaussez-le de patins à roulettes puis commencez à le charger dans cette position. Il fera un excellent deuxième diable.

♦  Entamez à l’écart du groupe la danse de la pluie. Mais attention hein, allez-y franco. Lorsque les nuages s’amoncelleront au loin, incitez votre monde à mettre les bouchées doubles afin de terminer avant le déluge. Changement de braquet garanti.
Si vous avez mal calculé votre coup et que l’orage frappe trop tôt, pas de panique : tout le monde à la douche. Voisine comprise. Cette désastreuse journée pourrait se transformer en souvenir radieux.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.