Par quel métal récompenser le quatrième ?

 

Depuis sa première compète, le quatrième se voit systématiquement attribuer la place du khôn. Au motif – tenez-vous bien – qu’il échoue au pied du podium. Il suffirait d’élargir les podiums pour contenter tout le monde, non ?
En plus, à ça de la troisième place, le pauvre mérite les honneurs au même titre que ses devanciers.

Du reste, on le sait depuis Mendeleïev et sa classification des éléments, ce ne sont pas les métaux qui manquent.

 

Vous qui faites partie de l’organisation, un bon geste. Le chocolat n’entrant pas dans le tableau susdit, il doit sûrement y avoir une médaille à la hauteur des efforts de l’autre tache.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en juge civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Choisissez un métal assez rare pour faire bisquer les trois premiers : tungstène, osmium, bismuth… Il n’est pas jusqu’au vainqueur qui n’accuse le coup.

 

♦  Pour peu qu’il pleuve lors de la remise des médailles, or, argent et bronze s’oxyderont de manière irréversible. Votre quatrième larron, lui, ne sera pas volé, avec sa médaille en inox.

 

♦  Demandez à la commission des météorites d’extraire des métaux inconnus (et donc extra-terrestres) en quantité suffisante pour une breloque. Façon d’ironiser au passage sur les performances surhumaines du trio de tête.

♦  Pourquoi s’arrêter au quatrième ? Couronnez comme il se doit les cinquième, sixième et tous les concurrents jusqu’au dernier (médaille de plomb). Vous respecterez ainsi l’esprit de Coubertin : l’important, c’est de participer.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Comment continuer à s’entraîner sous les verrous ?

 

Une petite gymnastique matinale, passe encore. Mais dès que vous pratiquez le sport de haut niveau, vous échauffer entre quatre murs devient une gageure (poil au fémur). Par la force des choses, votre équipement habituel se trouve réduit au strict minimum : table, lit, sanitaires, brosse à dents.

Il faut déjà espérer que votre incarcération ne soit pas liée au dopage. Vous faisiez moins d’efforts que vos petits camarades avant, ce n’est pas pour en redoubler ici. Du reste, on vous connaît, à votre sortie, vous replongeriez aussi sec. Alors à quoi bon s’enquiquiner ?

 

Considérez plutôt ce confort spartiate comme un défi à votre soif de vaincre. Ne ménagez pas votre peine pendant le temps où vous la purgez ; les concurrents n’ont qu’à bien se tenir.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en tueur civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Chemin de ronde, chaleur accablante, bousculades ni vu ni connu, sonnerie du maton pour vous enjoindre à rentrer au bercail… Champion du 10 000 mètres, vous ne serez pas dépaysé. A la boxe, pas davantage.

 

♦  De même, votre couche fera un trampoline tout à fait intéressant une fois les ressorts légèrement renforcés.

♦  Quant à la table, on peut dire que vous êtes verni, elle est aux dimensions idéales pour le ping-pong. Dommage que votre truc à vous soit l’équitation. L’union fait la force : dressez un codétenu à coups d’éperon et à vous les obstacles.

 

♦  Ce petit séjour au frais vous donnera l’occasion de progresser à la perche. Un peu de tuyauterie mise bout à bout, un pas de course en direction du mur d’enceinte et humpff ! Attention, vous n’avez droit qu’à un saut.

 

 

♦  A défaut de bassin olympique, profitez du détournement de tuyauterie de tout à l’heure pour provoquer un dégât des eaux. Vous pourrez alors multiplier les longueurs dans votre cellule. Choisissez : c’est ça ou nager dans votre urine.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Un coup bref, un coup long, un coup bref

 

Un tic télévisuel s’invite depuis quelques berges à toutes les tables de montage lors d’un événement sportif : remontrer l’action au ralenti, amené (et parfois évacué) en accéléré, afin de faire paraître le geste encore plus surnaturel.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

D’un coup d’un seul, il semble que toutes les régies se soient donné le mot. On part quelques secondes avant le tacle, deux échanges avant le revers fatal, on les avale comme si de rien n’était pour ne s’intéresser qu’à la portion qu’on estime congrue.

Le procédé est au sport ce que le porno est aux histoires d’amour, pardon.

 

Certes, les réalisateurs étalent de la sorte leur virtuosité au grand jour. Ils donnent en direct la touche finale au spectacle. Sauf qu’on ne le répétera jamais zassez, la maîtrise technique seule ne vaut pas tripette.

Car ces zooms temporels, s’ils deviennent gerbants ridicules à force d’envahir l’écran, zappent surtout – littéralement – le signe avant-coureur, le coup d’œil, le placement, le détail décisif sans lesquels d’action, nada, et qui vaudraient le coup d’être revus (à vitesse au moins normale) pour éventuellement s’en inspirer si l’on est soi-même sportif.

Faut pas trop en vouloir aux types aux manettes néanmoins. Ces « stop and go » un rien puérils ne font que reproduire (inconsciemment ?) l’esthétique hongkongaise en vigueur dans les films de baston et les jeux vidéo du même tonneau, qui veut que le combattant s’élève dans les airs (sans élan) et ait le temps d’exécuter (toujours à ça du sol) des figures aussi élaborées qu’inutiles avant de balancer (fissa tout d’un coup) son ramponneau.

 

Tout ça colle de moins en moins au réel, allez quoi…

Merci de votre attention.