Couvercle

 

Couvercle a beau être entré dans les mœurs, en toute logique on devrait dire couvercule. Quitte à se couvrir de ridicle.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

On est là-dessus depuis l’apéro : aperire = ouvrir, operire = fermer. D’où l’opercule, qui maintient les denrées à l’abri des bactéries et de la lumière du jour. Frangin d’opercule, couvercle a donc rentré le bide pour ne pas faire voir son u. Les latinistes ne sont pas dupes.

 

Doit-on rappeler que le drôle naquit cooperculum, vissé sur cooperire, le préfixe se contentant de bien refermer operire basé sur l’indo-européen commun uer- ?

Quant à –culum, n’allez pas le confondre avec le diminutif à l’œuvre dans groupuscule ou pellicule – sans causer testicules. Ce petit suffixe se révèle fort pratique dès qu’il s’agit de former un nom sur un verbe : véhicule, crépuscule, tentacule

 

Et dans notre série « on ne peut pas contrefaire son ADN », l’érosion de cercle ne masquera pas plus longtemps son rapport aveuglant avec circuler, pas plus que mâle et masculin.
Y’a pas de miracle.

 

Allez hop, circulez, vous ai assez vus.

Merci de votre attention.

 

Manuel de suffixes

 

Vallsisme. Ça n’a pas loupé, on a osé faire le coup à certain ministre de l’Intérieur (comme à son prédécesseur en son temps). L’intéressé s’en est amusé en rétorquant pile ce qu’il fallait à la face du monde et des journaleux :

Tant que ce n’est pas les « vallseurs » ou les « vallseuses »…

Mais revenons à nos moutons, moutons.

A la minute même où un homme politique vole un peu de lumière aux autres, il est de bon ton (à défaut de goût) d’adjoindre –isme à son blase. Au motif qu’il ferait école ? Peuchère.

Ç’a pu coller en parlant d’une doctrine, qu’elle soit philosophique ou politique (socratisme, gaullisme). Ou d’un régime, généralement peu recommandable (pétainisme). Aujourd’hui, ce suffixe réflexe est tout juste une manière d’acter une manière de mousser un trait de caractère de l’homme de pouvoir. Tout à la joie d’inventer un mot, les interviouveurs le lui balancent aussitôt. Pas uniquement pour guetter sa réaction. Comme vallsisme n’a aucun sens, on somme Valls de lui en trouver un. Seul refuge : la pirouette.

 

Sans compter que la fin des zidéologies voue le procédé à une ringardise certaine.
Trouvez-m’en une née dans le dernier demi-siècle et y ayant prospéré.
‘Tention, concentration…
Bredouilles, hein ? Les médias ayant horreur du vide, ils se rabattent donc sur des gars, dont ils légitiment l’omniprésence (qu’ils ont eux-mêmes façonnée) mais dont on serait bien en peine de résumer la pensée profonde.

 

Essayez avec votre patronyme, pour voir. Ou celui d’un collègue, le petit teigneux, tiens, celui qui tire toujours la couverture à lui ; vous m’en direz des nouvelles.

Et si les professionnels de la profession se mettaient de temps en temps avec nous de l’autre côté de la lucarne ?
La peste soit du suivisme journalistique.

Merci de votre attention.