Que faire dans une enchère entre deux têtes de mule ?

 

Au cours d’une enchère normale, les personnes intéressées se signalent jusqu’à ce qu’il n’en reste plus que deux (les plus teigneuses). Puis une (ne sachant plus quoi faire de son pognon, ou celle qui en a le plus dans le slibard ; ou les deux).

Sauf que ce coup-ci, l’affaire est particulièrement accrochée. Le reste de la salle a beau avoir déserté depuis un bon bout de temps, le tandem final fait durer le plaisir. Aucun ne veut céder. De quoi vous pourrir la vente.

 

Car, contrairement aux enchères type eBay limitées dans le temps, rien n’empêche ici de surenchérir jusqu’à ce que mort s’ensuive. Légalement, tant que dure ce petit jeu, vous ne pouvez même pas brandir votre marteau en criant « adjugé » (ce qui, il faut bien le dire, fait le sel de ce métier).

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en commissaire-priseur civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Commencez par aménager les lieux de telle sorte que chacun des deux zozos puisse hurler son prix des WC ou des douches en étant entendu. De la même façon, équipez-vous en bavoirs pour les pauses repas et en calepins où vous noterez soigneusement pour le lendemain la dernière enchère avant d’aller au dodo.

 

♦  Vu la croûte qu’ils se disputent, donnez aux deux opiniâtres un petit cours d’histoire de l’art en accéléré, ça leur fera les pieds.

 

♦  Impossible de les départager ? Coupez la poire en deux : la garde alternée de la croûte pour eux-mêmes et leurs descendants.

 

♦  Lorsque la fin est proche, rappelez quand même aux deux autres vieillards qu’avec leurs khônneries, ni l’un ni l’autre ne profitera de son bien.

marteau

♦  Sinon, il vous reste toujours le marteau.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Aisselles de deux jours

 

Dans le style m’as-tu-vu des rasoirs à plein de lames, les déodorants clament désormais 48h d’efficacité. Leurs confrères à usage quotidien n’ont plus qu’à aller se rhabiller – avec des auréoles là où je pense.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

D’où sortent ces super-déos ? Testés sur des souris, probablement. Mais les souris ont beau s’agiter dans tous les sens, elles ne transpirent point. Pas plus que tout le règne animal c’est vrai ça (sauf les clebs un peu, par la truffe).
L’argument de vente fait donc pschitt, comme le spray.

 

« 48h » ? Pas de déo un jour sur deux (c’est ça que ça veut dire).

Mais alors, là où y’a d’l’hygiène, y’a pas d’plaisir ? Plutôt agréable au contraire, cette oxygénation des cavités. Vaporisée, la caresse devient même sonore. Et puis sans fraîcheur Narta, à quoi rimerait toute cette chorégraphie d’abord.

 

« 48h » : désodorisation en marche même le deuxième jour.

Diantre fichtre foutre. En principe, nous nous lavons 7 jours sur 7, 365 jours par an (sauf exemptés ou phacochères de service). Ce qui inclut à chaque fois les aisselles, zones sudoripares par excellence. Z’allez pas me dire que le déo de la veille résiste à un rinçage plus un essuyage consciencieux ? A moins qu’on puisse se dispenser de se récurer à cet endroit-là ? Si c’est le cas, la notice devrait l’indiquer, faute de quoi les clients mécontents iront se plaindre à la maison-mère. En poquant épouvantablement.

 

A supposer même que les super-déos agissent vraiment deux fois plus longtemps, les fabricants se tirent une balle dans le pied, à bout touchant : on en achètera deux fois moins, de leur bazar. Antiperspirant ? Antiperspicace, oui.

 

Imaginez un dentifrice du même tonneau, doté de super-pouvoirs éliminant le caca de dents pour toute la journée (48h, c’est pas pour tout de suite). Trois repas sans vous rafraîchir le four, vous vous rueriez, vous ?
Zindustriels, vous pouvez toujours vous brosser.

Merci de votre attention.