Mousquetaire

 

Cape, épée, éventuellement raquette en bois, voilà à quoi renvoie mousquetaire pour le commun des mortels. Mousquet ne parlera qu’aux seuls zétymologues zassermentés.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Pendant que les secrétaires gardent un secret (en principe), les mousquetaires en font autant de leur mousquet, cette arme à feu ringardisant l’arquebuse et préfigurant le fusil. Et qui reprend surtout le blase d’un petit épervier moucheté. Comme la mouche voui voui.

Notez que le jeu consistant à baptiser les objets usuels d’après la faune n’est pas près de se démoder : regardez votre souris, regardez-la bien.

Ce qui explique pourquoi le mousquetaire prend littéralement la mouche au moindre soufflet (dans les bronches).

 

Musche naît déjà moche au début du XIIe siècle. Est-ce à dire que les mouches sont inconnues jusqu’alors ? Il y a de quoi regretter le haut Moyen-Age. Savoir qu’elles nous survivront est une torture quotidienne.
Quant au moustique, il se contente de pomper (approximativement) un mosquito parasitant lui-même la musca latine.

Fin XVIe donc, le mousquet permet au mousquetaire habile de ses dix doigts de « faire mouche », là encore stricto sangsue.

 

Quant au brave mousqueton, mousquet modèle réduit, il devient en bandoulière cet

anneau muni d’un ressort à déclic

qui rend l’escalade des murailles un poil plus aisée que jadis. Le sens de l’aventure se perd.

 

Par ailleurs et pour ne pas rester dans l’étroit mousquetaire, mouche désigne aussi le faux grain de beauté que les vicomtesses s’appliquaient au temps des mousquetaires où il fallait bien qu’elles s’occupassent faute de dramatiques potables à la télé.

Apprenez aussi qu’un poids mouche à la boxe n’excède pas 50,802 kg, ce qui ne l’empêche pas de moucher son adversaire à la loyale, car le gentil gagne toujours à la fin.

Merci de votre attention.

 

Tu mourras moins bête

 

Certains amuse-bouche parviennent à détrôner le plat. Arte l’a bien compris, en donnant pour mission aux faiseurs de pastilles d’émoustiller le citoyen en trois minutes juste avant les programmes du soir.

Le genre est inégal. Tout est vrai… ou presque avait mis la barre très haut. Citoyen, réjouis-toi, Tu mourras moins bête. C’est ce qu’assure frontalement cette mini-série inspirée du blog éponyme, déjà exfolié en plusieurs bédés zinénarrables. Décors à l’aquarelle, trait naïf à la Larcenet, propos tendre et trash pour coller au monde vu par les enfants et au surréalisme cru avec lequel ils considèrent ce qui les dépasse.

Pour exposer des sujets aussi rigoureusement scientifiques que le boson de Higgs, la greffe de tête sur un corps ou la carence en vitamine D des méchants au cinéma (v. ci-dessous), François Morel prête sa voix au professeur Moustache.
On nous dit à l’instant que celui qui parle est vraiment le professeur Moustache. Au temps pour nous, on se disait aussi.

Derrière tout ça, faites-leur confiance, une décurie de ficeleurs et d’animateurs bien décidés à ne jamais grandir sauf si c’est pour faire rire les petits. Et leurs aînés, à demi-mot.

 

Voilà pour l’état-major mais s’il n’y a qu’une chose à retenir, c’est plutôt votre vessie, tellement secouée qu’elle pourrait bien éclater en plein salon. Ce qui, à défaut de mourir, fournirait la matière d’un prochain épisode.

 

Tu mourras moins bête sur Arte à 20h50 en semaine