Où enterrer la hache de guerre pour être sûr de la retrouver ?

 

On n’a pas tous les jours l’occasion de caser belligérants, encore moins armistice. Quant à tomahawk, on l’a déjà déploré, les chances de l’avoir en bouche (ne serait-ce que pour sa prononciation [tomawak] en contradiction avec son orthographe, ce qui mérite qu’on s’y arrête un de ces quatre, vous pouvez faire confiance à bibi), sont maigres.

Sans compter qu’on n’arrive jamais à remettre la main dessus. Punaise mais la dernière fois que les belligérants en présence avaient conclu l’armistice, où c’est que vous l’aviez fourré, çiloui-là ?
Vous pouvez retourner tout le camp, fouiller chaque tipi de fond en comble, vous ne tomberez au mieux que sur le coin à os (on n’ose dire « réserve ») des clébards du voisinage.

En somme, personne n’a vu le tomahawk. Nul tomahawk à l’horizon. De tomahawk, point.
Et là, l’Indien est amer.

 

Vous êtes tout prêt à vous remettre sur la gueule en découdre mais, foi de Khônnard-sur-les-pieds-duquel-il-ne-faut-pas-marcher, impossible de guerroyer sans TOMAHAWK dûment déterré.

 

Or donc, quelle attitude adopter ?
Réagissez en Peau-Rouge civilisé.
Plusieurs options s’offrent à vous :

 

♦  Le mieux avec la hache de guerre est encore de ne pas l’enterrer du tout. Ça évitera aux taupes de se barrer avec.

 

♦  Et puis c’est bien beau de communiquer par signaux de fumée comme les ancêtres mais si vous notez jamais rien, c’est sûr. Débrouillez-vous maintenant.

 

♦  Au dernier calumet de la paix en date, frottez discrètement la hache de guerre sur les frusques de l’ennemi, afin qu’au prochain casus belli les chiens la flairent sous l’humus (moyennant une belle récompense qui les dédommagera au passage du saccage de leur repaire).

bison

♦  Au lieu de labourer la pelouse à chaque fois, pourquoi ne pas choisir une planque sûre dans les montagnes environnantes ? Par exemple ces cavernes où vous veniez folâtrer avec Madame dans votre prime jeunesse. Vous pourrez dormir peinard qui plus est : personne ne visite les grottes de la squaw.

 

♦  En désespoir de cause, commandez toute une fournée de tomahawks au fabricant le plus proche. Livraison express et reprise des hostilités garantie.

 

Flegme et dignité, montrez de quel bois vous vous chauffez.

 

Fac-similé

 

Il y a comme ça des mots uniques en leur genre qui vous font dire, avec respect (et redondance) :

Tiens, lui, il est unique en son genre.

Si opossum et tomahawk figurent en bonne place dans la liste, on ne causera ce jour que de fac-similé. Avouez que sur le plan formel, cette « reproduction à l’identique d’un écrit, d’un dessin » ne se trouve pas les sabots d’un chwal.

Mais revenons à nos moutons, moutons.

Si la partie similé nous éclaire sans chichis sur l’étroite similarité entre copie et original, fac reste un mystère pour quiconque n’en a pas usé les bancs.

Il s’agit pourtant tout khônnement de l’impératif du verbe latin facere. Autrement dit, « fac simile » = « fais la même chose ». Raison pour laquelle on rencontre la bête dénuée d’accent jusqu’en 1835 dans nos dicos.

En anglais, elle fait partie des meubles dès la seconde moitié du XVIIe siècle. Pas étonnant, quand on sait que nos voisins grands-bretons usent et abusent de similar. Nous autres tendons à considérer l’adjectif comme légèrement soutenu, oubliant que le vieux latin semol a donné tout ensemble same et similar à l’anglais ainsi que zusammen à l’allemand…

Quant à facere, nous nous le sommes fait refaire en faire. Tout en gardant sous le coude, pas fous, factuel et tous les dérivés en c : factice, façon, facteur, facture (pas trop longtemps quand même, sous le coude).

 

Enfin, on croise à l’occasion facsimilé, par exemple sous la plume de l’« accusateur » Zola.
Et figurez-vous qu’on peut très bien fac-similer ! A ne prononcer qu’à condition de se la péter davantage que la moyenne, évidemment. Pour s’en convaincre, conjuguer :

Je fac-simile,
Tu fac-similes…

Libre à vous de faire de même (ou pas).

Merci de votre attention.